LE FIL
Vous devez être connecté pour selectionner cet article dans vos contenus sauvegardés.
x

Le temps presse

Pas de rosés sans épines

Jeudi 24 janvier 2019 par Claire Furet-Gavallet

Gilles Masson, directeur du Centre du Rosé, et Nathalie Ollat, ingénieure de recherche à l'INRA de Bordeaux, présentent les défis du changement climatique sur la production de vins rosés
Gilles Masson, directeur du Centre du Rosé, et Nathalie Ollat, ingénieure de recherche à l'INRA de Bordeaux, présentent les défis du changement climatique sur la production de vins rosés - crédit photo : Claire Furet-Gavallet
Le changement climatique va impacter les vins rosés au cours des prochaines années. À court terme, des mesures peuvent être mises en place pour adapter la production mais plus pour longtemps.

 « Le rosé français et particulièrement de Provence a son style : c’est un vin frais, fin et parfumé » introduit Gilles Masson, directeur du Centre du Rosé à Vidauban, lors des rencontres internationales du rosé le 22 Janvier dernier. « Dû au changement climatique, ce style risque d’évoluer et de ressembler davantage aux rosés argentins ou espagnols actuels ». D’un point de vue régional, chaque région française productrice de rosé verrait ses vins évoluer. « Le Languedoc Roussillon devrait produire des rosés similaires à la Provence, tout comme le Val de Loire à Bordeaux ».

Un vin énergivore

« Deux scénarios sont possibles : on ne change rien ou on s’adapte ». Noir ou blanc. Mais même le blanc semble un peu gris. « Le rosé a un caractère énergivore très important. Il lui faut beaucoup de froid » constate le directeur « Le rendement risque de baisser, avec un marché en demande croissante toujours plus exigeant ». Sur ce point, Gilles Masson constate qu’aucune action pourrait être un problème à court terme. « Avec une diminution de l’acidité et une augmentation de l’alcool, le rosé ne va plus paraitre comme frais. La buvabilité en patira ».

Une modification des lieux de production n’est pas envisageable. « C’est hors de question, ce serait trop douloureux et non acceptable » exprime le directeur. Le décalage de la date de récolte pourrait être une piste mais « C’est une technique qui engendre des pertes qualitatives » justifie Gilles Masson. A court terme, l’adaptation de la vinification semble être l’axe le plus sûr. « La désalcoolisation, le désucrage ou l’acidification sont des techniques efficaces mais onéreuses » détaille le directeur. En désalcoolisation, jusqu’à moins deux degrés alcooliques, le profil gustatif est conservé. Le désucrage permet également des fermentations plus rapides avec une perte d’alcool. L’acidification remonte la qualité générale du vin témoin. « Le vigneron s’était déjà adapté et réalise l’acidification depuis quelques années » précise Gilles Masson.

"Cépages dhier, d'ailleurs et de demain"

Dans ce même scénario mais à plus long terme, le directeur du Centre du Rosé évoque l’encépagement. « Cela prend du temps d’étudier tous ces cépages d’hier, d’ailleurs et de demain ». Le mode de conduite va également être crucial. « Il faut inventer un système cultural dédié au vin rosé. Repenser l’enracinement, la fertilisation et la gestion de la canopée » conclut le directeur « Ces sujets nous animent et nous oeuvrons du mieux que nous pouvons pour continuer à avancer ».

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2020 - Tout droit réservé