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Campagnes anti-alcool

Le ministère de la Santé se défend de viser, systématiquement, le vin

Mardi 22 janvier 2019 par Alexandre Abellan

Contre les risques alcool, la ministre affirme sa priorité de « protéger les populations fragiles, en particulier les femmes enceintes et les jeunes ».
Contre les risques alcool, la ministre affirme sa priorité de « protéger les populations fragiles, en particulier les femmes enceintes et les jeunes ». - crédit photo : Création Vitisphere
Interpelée par une sénatrice, Agnès Buzyn récuse toute stigmatisation de la culture du vin dans ses communications de prévention des risques liées aux boissons alcoolisées.

En matière d’alcool, « la politique de prévention n'est ni une politique de prohibition ni une politique de stigmatisation » affirme Agnès Buzyn, la ministre de la Santé ce 17 janvier 2019, dans sa réponse écrite à la sénatrice Vivette Lopez (Gard). Cette dernière a interpelé, en octobre 2018, le gouvernement suite à sa campagne anti-cancer illustrée par un tire-bouchon et celle contre l’alcoolisation fœtale s’appuyant sur « un verre de vin », l’élue languedocienne estimant que « c'est clairement le monde viticole qui est systématiquement stigmatisé et pointé du doigt alors que la profession est tout à fait consciente des risques de l'alcool sur la santé ». Vivette Lopez demandant à Agnès Buzyn si ses services sont prêts à « repenser ses messages publicitaires en faveur d'une consommation modérée et responsable qui prendrait en compte tous les alcools et non uniquement le vin ».

« La politique de santé publique ne vise aucunement le patrimoine culturel français » rétorque Agnès Buzyn, soulignant que son approche « a vocation à prévenir l'entrée dans les pratiques à risque et réduire leur prévalence avec un impératif : protéger les enfants à naître. La consommation de vin, de bière, de cidre ou de spiritueux durant la grossesse, fréquente ou occasionnelle, faible ou importante, présente des risques pour la santé du fœtus, et ce dès le début de la grossesse. » Soulignant que le syndrome d'alcoolisation fœtal touche une naissance pour mille en France, le ministère précise que 8 000 enfants naissent en France chaque année avec des séquelles* liées à une exposition à l'alcool durant la grossesse.

"Information objective"

Avec ces campagnes, « il s'agit de permettre à chaque citoyenne, à chaque citoyen de faire ses choix, de manière éclairée grâce à une information objective, transparente et de permettre à chacun d'adopter des comportements favorables à sa santé » conclut la ministre. Agnès Buzyn ne regrette donc pas les illustrations de ses précédentes campagnes, et confirme que le pictogramme « femme enceinte » sera prochainement agrandi sur les bouteilles.

 

* : Soit « des troubles de l'apprentissage, de la mémoire et du comportement auxquels s'ajoute une plus grande vulnérabilité au risque d'addiction ultérieure. Il s'agit de la première cause de handicap mental d'origine non génétique » détaille le ministère de la Santé.
 

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