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Innovation

L’école de Purpan dresse l’état de l’art de ses recherches

Mardi 08 janvier 2019 par Marion Sepeau Ivaldi

L'école supérieur d'agriculture de Purpan a fait la démonstration de la diversité des recherches en viticulture et oenologie menée par son équipe d'enseignants-chercheurs.
L'école supérieur d'agriculture de Purpan a fait la démonstration de la diversité des recherches en viticulture et oenologie menée par son équipe d'enseignants-chercheurs. - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi
L’école supérieure d’agriculture de Pupan organisait le 5 décembre une journée consacrée à ses recherches dans le domaine de la viticulture et de l’œnologie. Un tour de piste démontrant de la pluridisciplinarité de ses laboratoires.

Petite première pour l’école d’ingénieur en agriculture de Purpan (Toulouse) : ce 5 décembre, chercheurs et doctorants de l’école ont présenté leur recherche dans le domaine de la viticulture et de l’œnologie. La rencontre a montré la diversité des domaines dans lequel la recherche de l’école est impliquée. A commencer par un domaine faiblement investi par la filière : la sociologie. La doctorante Chloé Le Brun étudie en effet la contribution des femmes au renouvellement de la profession viticole. Un sujet de thèse dans l’air du temps qui pose la question de l’évolution des ODG à la lueur de l’émergence d’associations de femmes vigneronnes en recherche de solidarité et de visibilité commerciale.

De visibilité, il en est question à l’école de Purpan dans un tout autre domaine (et sous un tout autre sens sémantique) : celui de la télédétection. Harold Clénet, enseignant-chercheur, cherche en effet à faciliter la détection de la flavescence dorée à travers l’imagerie spatiale et par drone. Il s’agit de faire « parler » des cartes pour identifier les pieds atteints de flavescence dorée en construisant un algorithme de détection. Aujourd’hui, le modèle permet, à partir d’images satellite gratuites, d’identifier les zones où une prospection est nécessaire, réduisant considérablement la superficie à contrôler. Le laboratoire réfléchit par ailleurs à utiliser la robotique pour alléger encore davantage le travail de prospection. Le laboratoire de télédétection supervise également la thèse d’Eve Laroche-Pinel réalisée au sein de l’entreprise Terranis qui commercialise Oenoview. Ses recherches portent sur le suivi de l’état hydrique des parcelles dans le but d’un pilotage de l’irrigation à l’échelle d’une zone d’AOP.

Maladies du bois

Les maladies du bois sont également étudiées. L’enseignant chercheur Alban Jacques s’intéresse particulièrement aux étapes précoces de contamination par les champignons et à la réponse de la vigne. Il a pu démontrer que la plante initiait une réponse spécifique à chaque champignon étudié (Phaeomoniella chlamydospora et phaemoniella minimum). Le chercher a mesuré que la colonisation des vaisseaux du xylème s’effectuait en deux semaines. Désormais, « on sait où les produits de biocontrôle doivent aller » pour s’attaquer ou neutraliser les champignons, se réjouit le chercheur. De quoi donner des perspectives en matière de moyen de lutte. L’ozone apparaît également comme un outil de maîtrise. Marielle Pagès-Homs, enseignant chercheur, a pu observer une diminution de 50 % de la sporulation neuf semaines après un traitement à l’eau ozonée. Reste que l’utilisation de l’ozone est suspendue à la mise un point d’un outil de pulvérisation. L’ozone est en effet instable : lors de la pulvérisation de gouttelette d’eau ozonée, l’ozone tend à sortir de la gouttelette ce qui rend caduque le traitement. Néanmoins, l’eau ozonée donne des perspectives intéressantes en pépinière.

Oenologie

En œnologie, Kevin Pascotto, doctorant, a fait un point sur ses recherches qui visent à caractériser les polyphénols des vins rouges par l’utilisation du fractionnement par couplage flux-force (FFF, soit Field-Flow Fractionation). Selon lui, l'utilisation de cette technique est une première. L’objectif est de pouvoir à terme lier chaque tannin à une qualité gustative et ainsi aboutir à une caractérisation des vins. L’école mène également des recherches sur la rotundone, responsable de l’arôme poivré des vins rouges et que l’on trouve dans certains cépages (prunelard, malbec, duras, pinot d’aunis, gamay…). Ces recherches sont le prolongement de celles menées par l’IFV du Sud-Ouest entre 2011 et 2016 et font l’objet de la thèse d’Olivier Geffroy. Ce dernier a également présenté les résultats d’essais de baisse de température de chauffe (à 50°C) lors de la thermovinification sur la composition aromatique des vins issus de fer servadou et de carignan. Les recherches montrent qu’il n’y a pas d’effets sur le profil gustatif des vins. Enfin, Marco Li Calzi, enseignant chercheur, a présenté le potentiel du traitement par micro-onde de la vendange pour réduire la charge microbienne et donc l’utilisation de So2 et de tout autre produit œnologique. En recherche de financement, le chercheur a bon espoir de lancer ses recherches en 2019.

 

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