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"Remplacer l’enjambeur"

Les innovations que le robot viticole Bakus ne dévoilera qu'en 2019

Lundi 17 décembre 2018 par Alexandre Abellan

Réglementairement, Bakus répond à la norme actuelle des machines automatisées. Vitibot est confiant quant à la future norme des machines agricoles hautement automatisées.
Réglementairement, Bakus répond à la norme actuelle des machines automatisées. Vitibot est confiant quant à la future norme des machines agricoles hautement automatisées. - crédit photo : Vitibot
La start-up champenoise Vitibot est persuadée que la robotique vigneronne doit s’accompagner de technologies de ruptures : nouveaux outils de travaux du sol et panneaux récupérateurs innovants sont à l’ordre du jour pour augmenter la polyvalence de son offre.

« À l’avenir, les robots doivent être aussi polyvalents qu’un enjambeur traditionnel. Il ne faut pas donner un outil en plus, mais le remplacer » pose Cédric Bache, le président fondateur de Vitibot. Exposant ces 11 et 12 décembre son robot vigneron Bakus au Forum International de la Robotique Agricole (le FIRA, à Toulouse), le cofondateur de la start-up champenoise promet une rupture technologique pour changer le paradigme du machinisme viticole. Il ne s’agit pas pour lui de robotiser les tracteurs existants, mais de fournir une nouvelle plateforme à l’innovation.

Actuellement conçu pour désherber les vignes basses de Champagne avec des outils existants*, le robot Bakus devrait tester l’an prochain un nouvel outil de désherbage électromécanique développé en interne. Encore discret sur cette innovation au look d’interceps aussi futuristes qu'high-tech, Cédric Bache explique qu’elle doit « augmenter l’efficience et réduire le coût énergétique du désherbage ».

"Il y a urgence"

En 2019, le robot Bakus dévoilera une autre innovation de taille : des panneaux récupérateurs adaptés à son châssis. Cherchant à tisser des partenariats industriels, Vitibot ne semble pas encore avoir trouvé l’expertise et l’ouverture souhaitées, mais compte lancer de premiers essais à la fin de la campagne de traitements 2019. « Il faut aller vite. Il y a une urgence environnementale quand on voit l’exposition des applicateurs et les tensions autour des riverains et des écoles » assure Cédric Bache.

Estimant que « la pulvérisation confinée va se démocratiser avec la robotique », l’ingénieur en génie informatique se fixe comme priorité de proposer des solutions robotiques aux problématiques écologiques. Le tout dans une approche moins énergivore, misant sur le tout électrique (la batterie actuelle ayant 10 heures d’autonomie pour travailler le sol et nécessitant 2 heures de recharge).

Présérie à 150 000 €

Produisant cette fin 2018 sa première présérie, Vitibot va livrer 6 Bakus pour le désherbage des vignes basses en Champagne. Actuellement vendu 150 000 euros (un prix qui devrait baisser à l’avenir), l'un de ces robots nécessite la présence d'un opérateur à proximité (pour des raisons de sécurité, autant que de vide réglementaire). Fin 2019, la start-up prévoit de produire plus de robots, et de les diffuser au-delà de la Champagne. Ayant déjà des demandes pour vignes larges, Bakus prévoit de développer un prototype pour la fin 2019. Comme pour un enjambeur, les robots vignerons vont devoir être non seulement polyvalents en termes d’outillages, mais aussi de lieux d’action.

 

* : Bakus peut accueillir un adaptateur sur son châssis. Le robot pourra communiquer par ISOBUS avec les matériels installés (cliquer ici pour en savoir plus sur cette technologie « machine to machine »).

Et les capteurs ?

En effervescence, le monde de la robotique viticole envisage d’utiliser ses châssis comme support à capteurs embarqués. « Nous n’avons pas encore arrêté de décisions sur l’intégration de capteurs à Bakus » confie Cédric Bache. Qui évoque cependant son intérêt pour « une caméra placée à l’avant du robot, qui analyserait la densité foliaire et modifierait en temps réel la dose pulvérisée. Il n’y aurait pas besoin de cartographier à l’avance, tout serait fait en un passage » lance-t-il.

À noter que Bakus ne se déplace pas suivant un guidage GPS RTK, mais selon ses 8 caméras, analysant l’environnement grâce à un ordinateur de bord.

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