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Ça bouge

Les Muscadets se hiérarchisent… vraiment

Mardi 27 novembre 2018 par Patrick Touchais

Nouveauté pour le Muscadet AC, l’entrée de gamme, la possibilité d’y adjoindre du chardonnay.
Nouveauté pour le Muscadet AC, l’entrée de gamme, la possibilité d’y adjoindre du chardonnay. - crédit photo : Patrick Touchais
Mieux identifier les différents Muscadets, c’est l’objectif de la refonte des cahiers des charges votée récemment par l’Inao. C’est surtout le premier niveau qui a été retravaillé, avec la fin du repli et l’introduction d’un nouveau cépage.

Lancé il y a au moins cinq ans, le dossier de révision des cahiers des charges des appellations de Muscadet vient de connaître son épilogue lors du dernier Comité National des vins AOC de l’Inao. Avec un bon gros dossier de 125 pages, qui reprend par le menu toutes les étapes de requêtes des appellations Muscadet. Car, rappelons-le, il n’y a pas un Muscadet, mais des Muscadet : Muscadet AC (le générique), appelé aussi niveau régional ; Muscadet Sèvre et Maine, Muscadet Côtes de Grandlieu, Muscadet Coteaux de la Loire ; et les dénominations géographiques communales (Gorges, Clisson, Le Pallet), communément appelées “crus” dans le vignoble.

Soit, dans la présentation, une sorte de hiérarchie. Sauf que dans la réalité, les choses ne sont pas aussi bien établies. D’abord parce que les volumes ne respectent pas une pyramide classique par les volumes : sur un peu plus de 8 000 hectares revendiqués, ils sont répartis en année “moyenne”, en 100 000 hectolitres de Muscadet AC, quelque 300 000 hl en deuxième niveau, et 2 000 hl de crus. Plus une forme de poire que de pyramide… Pendant des années, le socle de cette organisation – le Muscadet AC – a souffert d’un manque d’identité. Une raison simple à cela : il subissait un fort repli de la catégorie du dessus quand les marchés des Sèvre-et-Maine notamment étaient un peu saturés.

Fusée à trois étages

L’objectif de la refonte des cahiers des charges est de remettre sur pied une vraie hiérarchie entre ces trois niveaux, en définissant clairement les types de vins. Une segmentation parfaitement définie dans le dossier présenté à l’Inao : “En premier niveau, les vins à boire jeune, frais, faciles ; puis les vins plus complexes, plus riches, caractérisés par un élevage traditionnel sur leurs lies fines ; enfin les vins élaborés sur des terroirs exceptionnels avec un élevage de plus de 15 mois”.

Le nouveau cahier des charges prévoit donc pour l’appellation de base, la suppression du repli, la fin de l’utilisation de la mention “sur lie”, la réduction de la densité (de 6 500 à 5 000 pieds/ha), et l’introduction d’un cépage accessoire : le chardonnay. Le colombard (autorisé en AOC Gros Plant) ou le sauvignon blanc bien implanté dans le vignoble avaient été évoqués au départ des discussions. La proportion du cépage accessoire, associé au melon de Bourgogne, est inférieure ou égale à 10 % de l’encépagement.

"Vraie identité"

“On a besoin de redynamiser l’entrée de gamme”, insiste Olivier Martin, porte-parole de la Fédération des vins de Nantes. “Par ce travail, on veut lui redonner une vraie identité”.

 

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