Traitements phytos

Le drone surclasse l’hélico

Lundi 26 novembre 2018 par Bertrand Collard

Frédéric Hemmeler, directeur d'Agrofly présente son drone lors d'une conférence à Dionysud
Frédéric Hemmeler, directeur d'Agrofly présente son drone lors d'une conférence à Dionysud - crédit photo : Cédric Faimali GFA
L’entreprise suisse Agrofly a conçu un drone de traitement aussi performant qu’un pulvérisateur au sol : il ne produit pas plus de dérive et dépose autant de produit sur la végétation.

« Nous exploitons le premier et le seul drone homologué pour les traitements phytosanitaires en Suisse », explique Frédéric Hemmeler, ce 7 novembre lors d’une conférence à Dionysud.

"L'opposé d'un hélico"

Doté de six hélices disposées en cercle, cet engin survole les vignes entre 50 cm et 2 m au-dessus du feuillage. Un hélicoptère miniature ? Un nouveau traitement aérien ? Durant tout son exposé, le directeur d’Agrofly s’est attaché à démontrer le contraire, photos et résultats à l’appui.

"Flux laminaire"

« Les pales d’un hélicoptère provoquent un effet vortex et des turbulences qui entraînent la bouillie de traitement loin du champ d’application, soutient Frédéric Hemmeler. Les hélices rigides de notre drone produisent un flux d’air laminaire orienté verticalement vers le sol. Nous avons positionné les buses de manière que les gouttes ne sortent pas de ce flux. Nous les avons surmontées d’un chapeau pour qu’elles produisent un cône homogène de pulvérisation avant que les gouttes soient prises par le flux d’air. »

"Très bon dépôts sur grappe"

Résultat : 50 à 75 % de réduction de la dérive par rapport à un pulvérisateur standard au sol, selon le Julius Kuhn Insitut, un institut de l’université de Geisenheim en Allemagne. Et « nous avons de bien meilleurs dépôts de produits sur feuille, grappes et rameaux qu’avec un hélicoptère. Avec notre drone, les dépôts sur la végétation sont identiques à ceux obtenus avec un pulvérisateur au sol, y compris sur grappes », assure Frédéric Hemmeler.

Cette année, son entreprise a réalisé tous les traitements sur 40 ha de vignes, avec succès. « Sur une parcelle en bio, nous avons eu un peu plus de mildiou que sur le témoin qui était protégé par des traitements au sol, mais partout ailleurs nous avons eu les mêmes résultats qu’avec des pulvérisateurs au sol. »

"Certifié pour les traitements au sol"

Fort de tous ces résultats, Agrofly annonce qu’elle est en passe d’obtenir, cet automne en Suisse, la certification pour les traitements au sol. La société pourra alors appliquer les mêmes produits, avec les mêmes contraintes qu’un pulvérisateur classique.

Son drone aura définitivement pris ses distances avec l’hélicoptère qui reste autorisé pour les vignes très pentues en Suisse où il ne peut appliquer que les produits autorisés pour les traitements aériens et avec de grandes distances de sécurité vis-à-vis des habitations.

Une heure par hectare

Le drone Agrofly emporte 20 kg de charge utile dans son réservoir. Il est pourvu d’une petite rampe de quatre buses qui pulvérisent un produit de traitement sur 2,40 mètres de large. A raison de 100 l/ha, il protège 2000 m2 par plein en début de saison et 1600 m2 en pleine végétation. Et il faut 4 à 6 min de vol pour vider un réservoir. « En début de saison, il nous fallait trois heures pour faire un hectare. Il la fin, avec l’expérience et une meilleure organisation, nous avons réduit ce temps à moins d’une heure par ha », indique Frédéric Hemmeler. Agrofly propose des traitements en prestation de service. « Nous sommes dans les 0,50 francs suisses par m2 pour une saison en conventionnel (6 à 7 passages) et CHF 0,60-0,70/m2 en bio (jusqu’à 13 passages). Ces tarifs sont naturellement adaptés en fonction des surfaces et de l’endroit où la prestation a lieu », précise le dirigeant.

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