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Roussillon

Les vertus du roulis sur l’élevage des vins

Mercredi 24 octobre 2018 par Alexandre Abellan

Pour développer son image sur le marché français, William Jonquères d’Oriola s’appuie sur les ventes en ligne du Petit Ballon. Qui représente en termes de ventes une « part importante, avec des volumes conséquents pour des cuvées dédiées » glisse le vigneron.
Pour développer son image sur le marché français, William Jonquères d’Oriola s’appuie sur les ventes en ligne du Petit Ballon. Qui représente en termes de ventes une « part importante, avec des volumes conséquents pour des cuvées dédiées » glisse le vigneron. - crédit photo : Château de Corneilla del Vercol
En partenariat avec le site de vente en ligne le Petit Ballon, un vigneron lance une cuvée-concept pour comparer une bouteille restée en cave à celle ayant voyagé 100 jours sur les mers.

Histoire d’un aller et d’un retour. Récoltée en 2017, la cuvée IGP Côtes Catalanes du domaine de Paradis a été mise en bouteille en mars 2018, puis est partie le mois suivant du Havre pour passer le Canal de Suez, faire une boucle par l’Asie et revenir en août pour se reposer deux mois dans le Roussillon. Pour le moins originales, ces bouteilles sont désormais mises en vente sous le format d’une box « une bouteille à la mer », avec la bouteille témoin restée à terre et l’essai parti en mer pour les abonnés du Petit Ballon (vendue 23,89 euros sur le site).

« Il faut tester l’innovation dans les vins » pose William Jonquères d’Oriola, propriétaire de 77 hectares de vignes dans le Roussillon (château de Corneilla del Vercol, domaines du Paradis et Jonquères d’Oriola). S’inspirant de commentaires de dégustations du XIXe siècle qui rapportaient que les vins expédiés en Angleterre ou aux Indes se goûtaient à leur arrivée mieux que ceux restés à quais, le vigneron a eu l’idée d’expédier autour du monde en container des bouteilles de vin pour les comparer à celles restées sur la terre ferme.

Bonification du vin par le transport marin

Pour prendre vie, cette idée a nécessité un travail étroit avec les Douanes, le transporteur Hillebrand et l’armateur MACGM. « Ils n’ont pas l’habitude qu’un container parte à l’export pour faire un tour et revenir… Tous ont été coopératifs, on avait pris des précautions avec des étiquettes waterproof, des cartons renforcés… » précise William Jonquères d’Oriol. Faisant état d’une simple cuvée d’expérimentation (pas forcément appelée à devenir pérenne), le vigneron souligne que le résultat n’était pas acquis.

"Vieillissement accéléré"

« Heureusement… C’est concluant ! » se réjouit-il, rapportant des différences nettes entre les deux versions de la cuvée. Même si ces vins n’ont pas été transportés en tonneaux par un bateau à voile, le gîte des porte-conteneurs et le temps passé ont donné un résultat confirmant l’adage de la bonification du vin lors d’un transport marin. « Conservé en cave, le vin a gardé des reflets violets, des tannins plus serrés et un nez plus droit. Alors que celui qui a fait le tour du monde a connu un vieillissement accéléré, il a plus évolué dans son aromatique et sa structure » explique William Jonquères d’Oriol, satisfait de voir se concrétiser un projet qui lui trotte en tête depuis des années.

Travaillant à la différenciation de son domaine par des idées inédites, le vigneron catalan avait déjà envoyé en 2013 des raisins en Angleterre pour des vinifications à Londres. En 2017, il a également élevé une cuvée dans une grotte pyrénéenne. Concernant ses futurs projets, William Jonquères d’Oriol préfère attendre pour en parler, mais promet déjà plus original que ce tour du monde. Sans aller jusqu'à envoyer une cuvée dans l'espace, a priori.

Et le bilan carbone dans tout ça ?

Techniquement intéressant, cet essai est-il compatible avec le développement durable ? « Bien sûr on peut toujours en remettre en cause le bilan carbone. Mais j’ai fait une étude, je suis un producteur de végétal avec mes vignes et mes oliviers. Je consomme quatre fois plus de gaz carbonique que je n’en ai émis avec cette cuvée » répond William Jonquères d’Oriola, qui reconnaît s’attendre à cette question de la part des consommateurs.

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