Émergence mondiale

Le vignoble français adopte la politique de l’offre œnotouristique

Mercredi 17 octobre 2018 par Alexandre Abellan

Ambiance studieuse ce 16 octobre au hangar 14 de Bordeaux, où les rendez-vous s'enchaînent entre exposants œnotouristiques et tour-opérateurs.
Ambiance studieuse ce 16 octobre au hangar 14 de Bordeaux, où les rendez-vous s'enchaînent entre exposants œnotouristiques et tour-opérateurs. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Le tourisme vitivinicole se trouve dans une phase de construction où la diversité de l’offre a toute sa place pour s’adapter aux demandes. Comme en témoignent les exposants du dernier salon Destination Vignobles.

Pour sa huitième édition, le salon Destination Vignobles symbolise autant la structuration du dynamisme que l’affirmation du professionnalisme de l’œnotourisme. Ces 16 et 17 octobre à Bordeaux, l’évènement professionnel d’Atout France réunit 150 exposants de tout le vignoble français, du Jura à Cognac, en passant par la Provence et la Loire, tandis que l’on trouve dans les allées 160 tour-opérateurs viennent de 52 pays : « j’ai vu des visiteurs de Belgique, d’Allemagne, du Japon, de Suède, du Chili, des Pays-Bas… » énumère Arthur Puig, le responsable hébergement du château et du village de Castigno (Saint-Chinian).

Pour le chargé de développement languedocien, la clé du succès est d’adapter l’offre aux demandes : « les intérêts sont différents entre les pays et les cibles de clientèle. En fonction des tranches d’âge et des catégories socioprofessionnelles… » Qu’un couple de 30 ou 50 ans soit visé, Arthur Puig propose ainsi une cure de « digital détox » (l’absence de réseau téléphonique sur le village est transformée en absence de wifi et de télévision) ou une expérience gastronomique traditionnelle (avec un approvisionnement garanti en circuit court).

L’offre anticipe la demande

Alors que le client œnotouristique pur émerge progressivement, les tour-opérateurs construisent progressivement leur offre en fonction des propositions existantes. « Dans les rendez-vous que nous avons eus, la majeure partie des tour-opérateurs n’ont pas de demandes précises et sont à la recherche d’idées pour développer leurs circuits » rapporte Marine Bénito, chargée d’œnotourisme pour l’union coopérative Rhonea (Beaumes de Venise et Vacqueyras).

Pour développer son activité œnotouristique, les demandes doivent être anticipées dans une véritable politique de l’offre. « Les visites en mandarin ? C’est demandé quand c’est proposé ! Ça marche très bien avec les croisiéristes » témoigne Gilles Acker, le responsable commercial de la maison Jacques Cattin (crémants d’Alsace). Tout l’enjeu est de se donner les moyens de proposer au visiteur une expérience à la hauteur. « Avec la route des vins, l’Alsace était précurseur. Mais on a pris du retard… On voit de plus en plus de clients demander autre chose qu’une simple dégustation » souligne Gilles Acker.

"Les visiteurs cherchent une expérience"

« Les visiteurs cherchent une expérience, un séjour qui dépasse la simple dégustation » renchérit Pauline Leymerégie, responsable business développement Bernard Magrez Luxury Wine Experience. Qui ajoute recevoir « énormément de demandes pendant les vendanges, pour y assister et y participer. Les mois de septembre et d’octobre sont les plus chargés pour nous. » Un constat qui confirme le besoin de professionnalisation de l’œnotourisme pour gérer une nouvelle activité d’accueil en plus de la production. Sans même parler de la nécessité de devenir polyglotte.

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