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Noms de châteaux

Lafitte dénonce le harcèlement judiciaire de Lafite à l’export

Jeudi 20 septembre 2018 par Alexandre Abellan

Le château Lafitte fait remonter l’origine de son nom à 1763 (suite au rachat de la propriété par un négociant, Raymon Lafitte). Le château Lafite rendique sa première référence à 1234 (son nom dérivant de 'la hite', la butte).
Le château Lafitte fait remonter l’origine de son nom à 1763 (suite au rachat de la propriété par un négociant, Raymon Lafitte). Le château Lafite rendique sa première référence à 1234 (son nom dérivant de 'la hite', la butte). - crédit photo : Château Lafitte
Dépensant « des centaines de millier d’euros » dans la défense de son nom de marque, le château des Côtes de Bordeaux se voit attaqué en Chine et Suisse par le cru classé de Pauillac.

« Quel prix faut-il mettre pour pouvoir utiliser son nom ? » s’insurge le vigneron Philippe Mengin, le propriétaire du château Lafitte (50 hectares en appellation Côtes de Bordeaux), qui se plaint d’essuyer de nouvelles attaques du château Lafite Rothschild (112 ha à Pauillac). Depuis ses premières actions en 2003, le premier cru classé en 1855 reproche à la propriété de Camblanes-et-Meynac de tromper le consommateur avec une marque proche d’un « t » de la sienne. Après avoir perdu ses procès contre château Lafitte en France (en première instance en 2005, en appel en 2007 et en cassation en 2010), le château Lafitte Rothschild a exporté le combat contre son homophone.

N’ayant pas réussi à empêcher le dépôt de la marque château Lafite en Chine en 2015, les Domaines Baron de Rothschild ont lancé fin 2017, une action devant la justice chinoise pour tromperie du consommateur. Une action similaire vient d’être ouverte en Suisse par Lafite contre Lafitte. « Comment l’amateur pourrait-il se méprendre sur l’origine de deux vins, certes de Bordeaux, mais d’appellations différentes, de présentations différentes, et de prix différents. L’un à 50 francs suisses, le second à 2 600 CHF* ? » soupire Philippe Mengin.

"Doxa procédurière"

En 15 ans de procédures, les montants en frais d’avocats sont « conséquents, ils se comptent en centaines de millier d’euros » glisse Philippe Mengin, qui ne souhaite pas donner plus de détails. Pour le vigneron, ces procédures sans fin témoignent d’une « doxa procédurière, accusatrice et judiciariste » pour « protéger le caractère exclusif de leur nom », en n’ayant « qu’une visée, contraindre les propriétaires à changer l’identité de leur domaine ». Faisant de la résistance à ces poursuites une question de principe, Philippe Mengin ne compte pas désarmer dans cette lutte entre Lafite et Lafitte.

Contacté, le château Lafite Rothschild n’a pas donné suite aux sollicitations de Vitisphere.

 

* : Soit 44 et 2 200 euros le flacon, dans un rapport de prix de 1 à 50.

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