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Coup de fouet

AdVini investit 4 millions € dans son cru bourgeois

Mercredi 19 septembre 2018 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 21/09/2018 10:56:37

« La sombritude se prête bien à l’élevage du vin » estime Christian Delplace, l’architecte du cuvier.
« La sombritude se prête bien à l’élevage du vin » estime Christian Delplace, l’architecte du cuvier. - crédit photo : AdVini
Montrant son ambition pour son nouveau domaine bordelais, le groupe vient d’inaugurer un nouveau cuvier pour les vendanges et le prochain classement médocain.

Ayant racheté fin 2016 le château Patache d’Aux à la famille Lapalu (ainsi que six autres crus bourgeois du Médoc*), le groupe AdVini a commencé dès le début 2017 les travaux de mise à niveau de son outil de vinification. Avant les vendanges 2018 de ses 58 hectares de vignes, le groupe dévoile son cuvier flambant neuf, affichant les couleurs de l’étiquette du château : le noir sur les cuves et la charpente d’acier en treillis, le vert-de-gris sur le liseré des murs du cuvier et le doré dans les luminaires surplombant les lieux.

« Le rendu final est joli, mais il ne s’agit pas d’un simple réaménagement d’intérieur. Le matériel était opérationnel, mais pas fonctionnel » résume Thibault de la Haye, le directeur d’Antoine Moueix Vignoble (l’antenne bordelaise d’AdVini). Pour gagner en précision, le cuvier a abandonné ses foudres de bois et cuves d’inox pour accueillir 35 cuves en béton. D’une capacité totale de 4 200 hectolitres, la cuverie va de 65 à 175 hl, conformément à la tendance actuelle des sélections parcellaires. Au-delà des modes, ce cuvier se voit surtout comme une véritable machine de guerre.

"Plus de contraintes"

La particularité du nouveau chai du château Patache d’Aux est de posséder une double réception de vendanges. Montés en parallèle, ces outils permettront de rentrer rapidement les parcelles arrivant en même temps à maturité, de distinguer les qualités de raisins et de conserver au maximum l’intégrité des baies, grâce à deux convoyeurs montant la vendange à l’étage du cuvier. L’ensemble permet d’optimiser la récolte dans un flux logique, gravitaire, jusqu’à l’encuvage et l’extraction par pigeage explique Lucie Lauilhé, la directrice technique Médoc d’Antoine Moueix Propriétés. « On a un chai dimensionné où il n’y a plus de contraintes techniques pour les vendanges. C’est maintenant au vignoble que les évolutions doivent se concentrer » ajoute l’ingénieure agronome-œnologue, qui a mis en place un plan de renouvellement drastique (trois hectares sont arrachés annuellement pour renouvellement).

Nouveau chai en 2019

Cette première tranche de travaux au cuvier représente un investissement de 2,7 millions € pour AdVini, qui a débloqué une enveloppe totale de 4 millions € pour la mise à niveau du château Patache d’Aux. La deuxième phase d’investissements concerne d’abord le chai, qui sera unifié en 2019 en cassant les séparations existantes (voir plan ci-dessous), puis le cuvier, avec une extension pour accueillir les cuves inox d’assemblage et de stockage. Ces derniers travaux répondant aux exigences du cahier des charges du prochain classement des crus bourgeois (quinquennal et à trois niveaux : cru bourgeois, cru bourgeois supérieur et cru bourgeois d'exception). « Nous allons poser notre dossier de candidature aux crus bourgeois à la fin du mois. Nous allons tenter une mention complémentaire, mais nous ne savons pas encore laquelle » glisse Thibault de la Haye. Qui peut se baser sur l’obtention en 2003 du classement de cru bourgeois supérieur par la propriété.

Ici, c’est l’ambition

Le nouveau cuvier et le futur vignoble du château Patache d’Aux affichent clairement la volonté d’AdVini de se positionner parmi les acteurs incontournables des crus bourgeois. Ayant fait une première proposition de travaux à l’économie, l’architecte Christian Delplace se souvient avoir été rembarré par Antoine Leccia, le directeur général du groupe AdVini. « Il m’a répondu qu’il ne voulait pas d’un projet de supermarché, mais d’une construction élégante, qui marque l’esprit des visiteurs… » se souvient l’architecte, qui conclut que « les bâtiments sont le miroir de leur propriétaire. Ils peuvent afficher un désir de séduction, une volonté d’être une valeur sûre… Ici, il s’agit d’ambition. »

 

* : Dont deux ont été revendus, les châteaux Lieujean et Plagnac. Sont conservés les châteaux Lacombe Noaillac, Lebosq (vinifié à Patache d’Aux), Laborde, Liversan et Fonpiqueyre.

 

Aperçu d’architecte du chai du château Patache d’Aux en 2019.
 

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