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L’ONU du vin

Cinq questions à Régina Vanderlinde, nouvelle présidente de l’OIV

Vendredi 13 juillet 2018 par Alexandre Abellan

« J'ai une longue carrière de plus de 30 ans dans le domaine de l’œnologie » glisse Régina Vanderlinde.
« J'ai une longue carrière de plus de 30 ans dans le domaine de l’œnologie » glisse Régina Vanderlinde. - crédit photo : OIV
L’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV) vient d’élire une nouvelle présidente : la docteure brésilienne Régina Vanderlinde, qui succède à la chercheuse allemande Monika Christmann et à l’œnologue argentine Claudia Quini.

Titulaire d’un doctorat en œnologie et ampélologie à l'Université de Bordeaux, Régina Vanderlinde cherche et enseigne l’œnologie à l'Université de Caxias do Sul depuis une vingtaine d’années. Précédemment secrétaire scientifique de la sous-commission des méthodes d’analyses de l’OIV, elle connaît bien les rouages de l’organisation et annonce sa volonté de consensus autant que d’innovations pour son prochain plan stratégique.

Vous êtes la troisième femme à présider consécutivement l’OIV. Est-ce le symbole de la féminisation de la filière vitivinicole ?

Régina Vanderlinde : Il a de plus en plus de femmes dans ce secteur, notamment des œnologues. Je pense qu’il s’agit de la juste reconnaissance de leurs compétences.

 

Quelle orientation souhaitez-vous donner au prochain plan stratégique de l'OIV ?

De mon point de vue, ce plan doit s’articuler autour des axes suivants. D’abord la mobilisation de notre potentiel technique et scientifique et son articulation nécessaire pour faire face aux défis du actuels et futurs du secteur vitivinicole mondial. En particulier, j’insisterai sur l'impact du changement climatique, le développement durable, le potentiel des nouvelles technologies et l'expansion du marché des produits vinicoles, dans un scénario de plus en plus globalisé.

En termes de marché, je soutiendrai toutes les initiatives qui contribuent à promouvoir un modèle de commerce international, basé sur la légalité et la transparence des échanges commerciaux. En améliorant la compétitivité des entreprises et en répondant aux attentes des consommateurs. Je promouvrai aussi une action diplomatique constante au niveau international pour intégrer de nouveaux pays membres et renforcer l'interaction avec d'autres organisations internationales.

 

Justement, est-il possible de faire revenir les États-Unis dans l’OIV ? Qualifierez-vous l'OIV d'ONU du vin ?

Oui, car c’est la seule organisation intergouvernementale de référence technique et scientifique du secteur. Je rappelle que ses 46 pays membres représentent 85 % de la production et de la consommation mondiale de vin.

 

La filière du vin est-elle prête à de nouvelles techniques d'ingénierie génétique comme le CRISPR ou les levures synthétiques ? Ou son approche traditionnelle la rend-elle irrémédiablement réticente, comme c’est toujours le cas par rapport aux OGM ?

L’OIV doit suivre toutes les innovations technologiques, dès lors qu’elles ne remettent pas en question la qualité et l’intégrité des produits. Bien entendu, l’approche doit être faite au cas par cas. En accord avec l’évaluation des experts de l’Organisation.

 

Le Brésil est un vignoble en plein développement, mais dont le marché de consommation reste limité par les barrières tarifaires à l'importation. Quelle est votre vision de cette situation contrastée ?

Effectivement, tant la production que la consommation de vin au Brésil sont en plein essor. Les importations de vin de l’Union Européenne par le Brésil ont augmenté de 72 % en 2017. Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les barrières tarifaires à la frontière qui freinent les importations. Mais il est vrai que les taxes internes augmentent le prix du vin au Brésil. Pour le consommateur aussi bien le vin importé que le vin brésilien sont taxés à un niveau qui peut atteindre 68 %.

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