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Opération pédagogie parlementaire

Il faut toujours sauver le cuivre à Bruxelles

Mercredi 11 juillet 2018 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 17/07/2018 12:18:39

Entre Thomas Montagne (à gauche) et Sylvie Dulong (à droite), la députée européenne Angélique Delahaye posait la question du modèle agricole européen au-delà de l’interdiction du cuivre.
Entre Thomas Montagne (à gauche) et Sylvie Dulong (à droite), la députée européenne Angélique Delahaye posait la question du modèle agricole européen au-delà de l’interdiction du cuivre. - crédit photo : CEVI
Retours de terrain et manques d’alternatives doivent conduire les Etats membres à peser sur les propositions de la Commission Européenne pour la réhomologation du cuivre.

« Les vignerons ne sont pas là pour polluer et ont envie d’aller dans le sens d’une réduction des intrants. Mais l’utilisation du cuivre se heurte à des limites techniques, alors que les preuves de sa nocivité manquent » résume Thomas Montagne, le président de la Confédération Européenne des Vignerons Indépendants (CEVI), sortant ce 10 juillet d’une audition publique au parlement européen, à Bruxelles. Organisée par l’eurodéputée (et maraîchère) Angélique Delahaye, la séance aura été l’occasion de parler du terrain pour défendre la réhomologation du cuivre au-delà des 4 kilogrammes par hectare et par an, sans lissage et pour cinq ans. Comme l’envisagerait actuellement la Commission Européenne, en s’appuyant sur le rapport de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA).

« Tout le monde veut baisser l’utilisation du cuivre. Mais en dessous d’un certain niveau, il n’y a plus de protection suffisante de la vigne » pointe ainsi Sylvie Dulong, au nom de la Fédération Internationale des Mouvements de l’Agriculture Biologique (IFOAM Europe). La vigneronne bordelaise a défendu une dose lissée sur cinq ans du cuivre pour tous les pays*. En s’appuyant sur ses pratiques de terrain auprès des députés, membres de la Commission Européenne et d’ONG : « même avec l’utilisation de tisanes, la mise à l’équilibre de la vigne et du sol, les actions sur la biodiversité… il y a des solutions en appui, mais si l’on est trop bas, il y a une explosion du mildiou. Surtout une année comme celle-là ! »

6 kg/ha.an

La forte pression de mildiou enregistrée en 2018 dans la majorité du vignoble témoigne en effet de la pertinence du modèle de lissage, et donc d’économie, du cuivre pour anticiper les coups durs climatiques. S’appuyant sur « des exemples réels de vignerons en bio depuis 15 à 20 ans », Thomas Montagne a ainsi rapporté que ces producteurs européens « sont déjà à plus de 4,5 kg/ha et qu’ils vont finir l’année à plus de 6 kg/ha.an. Alors qu’ils enregistrent déjà des pertes de récolte de 20 à 30 %… » Des constats qui poussent le CEVI à demander un renouvellement pour sept ans du cuivre avec une dose de 6 kg/ha.an et un lissage sur cinq ans.

Assistant à l’audition, un représentant de la Direction Générale de la Santé a indiqué que la Commission Européenne présenterait ses propositions aux états membres lors de réunions des 19 et 21 juillet. Tout l’objet de cette audition publique était de sensibiliser ces derniers à la nécessité de préserver le cuivre dans la boîte à outils vigneronne. Il reste encore quelques semaines pour mobiliser le gouvernement français.

 

* : Une proposition de subsidiarité définissant les doses par été membre étant évoquée.
 

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