Dans le brouhaha des exigences environnementales

Vendredi 29 juin 2018 par Marion Sepeau Ivaldi

Le Conseil économique social et environnemental (Cese) a adopté le 19 juin un rapport sur les Signes officiels de qualité et d’origine (SIQO) des produits alimentaires. Outre la définition d’exigences minimales communes à toutes les AOC et les IGP, le texte en remet une couche sur l’intégration des engagements environnementaux, sanitaires et sociaux dans les cahiers des charges alors que l’Assemblée nationale et le Sénat se sont penchés sur la question récemment. On s'acheminerait ainsi vers des pratiques environnementales obligatoires pour les AOC et les IGP d’ici 2030. La prise de parole du Cese est un nouveau coup de pression sur la production alors que celle-ci réfléchit au sein de l’Inao, depuis deux ans, à l’intégration de mesures environnementales et avait pour projet que ménager une transition en rendant ces mesures facultatives. L’Institut a même récemment acté la possibilité d’intégrer des normes dans les cahiers des charges. Pourquoi autant de brusquerie, de rudesse alors que les professionnels se montrent pro-actifs ? Il y a comme une sorte de brouhaha où les coups partent dans tous les sens alors que personne ne semble se soucier du coût de cette transition pour les exploitations. Le postulat qui prétend que l'ensemble des consommateurs seront prêts à débourser davantage est un leurre !

Le Cese fait également la proposition de créer un nouveau signe qui labelliserait une « agriculture biologique locale et équitable ». Ce signe reprendrait à la fois des caractéristiques agronomiques de l’agriculture biologique en y ajoutant des critères de proximité entre les lieux de production, de transformation et de commercialisation. S’ajouteraient également l’analyse du cycle de vie, la haute valeur environnementale, la RSE… En clair un super-label qui dépasserait tous les autres aux yeux des exigences des Français, mais qui serait loin de répondre à la principale problématique des AOC et IGP vinicoles : leur segmentation incompréhensible pour le consommateur.

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VOS RÉACTIONS
Rosenrot Le 04 juillet 2018 à 10:51:25
AB, ne soyez pas si péremptoire et vérifiez vos sources, l'espérance de vie continue à progresser en France et elle devrait continuer de le faire. Cf. les chiffres de l'INSEE : en 2016, +0,3 ans pour les hommes et +0,2 ans pour les femmes et en 2017 (provisoire) +0,2 ans pour les hommes et +0,1 ans pour les femmes. Le graphique sur les 10 dernières années montre une nette tendance à la hausse (environ +2 ans pour les hommes et +1 an pours les femmes).
AB Le 02 juillet 2018 à 17:40:21
Paco, l'espérance de vie en France ne progresse plus...
Paco Le 01 juillet 2018 à 14:55:37
Dans une grande quête d'économie budgétaire, je pensais que notre gouvernement allait supprimer le Conseil Economique et Social. Mais il le faut, sans tarder, de clore les discours de ces nommés planqués incompétents, qui n'ont jamais mis les mains dans le cambouis, et qui veulent réglementer les productions agricoles par des codes ubuesques, que le consommateur lambda sera incapable de comprendre, pour se faire valoir auprès de quelques bobos parisiens à la tête creuse, caprices de riche, alors que des centaines de millions d'hommes ont faim. Expliquez-moi pourquoi l'espérance de vie progresse d'année en année dans les pays riches, si la nourriture était malsaine?? Arrêtons les futilités et recentrons nous sur l'essentiel des vrais problèmes avant qu'il ne soit trop tard.
F. Legouy Le 30 juin 2018 à 10:41:48
Bonjour, Oui, les mesures environnementales ont toujours un coût. Mais, est-ce que le coût humain (lié à des problèmes de santé) n'est pas toujours plus élevé ? Dans certains villages viticoles les langues et le consciences se délient : un tel ou une telle ont attrapé ceci ou cela et cela s'est mal terminé. Est-ce que la santé, à commencer par celles des producteurs, des vignerons, ne prime pas sur toute autre considération ?
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