À prendre et à laisser

Hennessy passe au crible les dernières innovations viticoles

Lundi 18 juin 2018 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 19/06/2018 13:51:20

Devant être produit industriellement en 2019, le robot TED devrait afficher un prix plus accessible que les 80 000 € de son prototype actuel.
Devant être produit industriellement en 2019, le robot TED devrait afficher un prix plus accessible que les 80 000 € de son prototype actuel. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Décuplant ses investissements de R&D, la première maison de Cognac suit toutes les pistes de la viticulture de précision de demain, afin de filtrer celles fiables et de les conseiller à ses apporteurs.

« Pour répondre aux attentes fortes de l’amont et créer une viticulture durable, il faut trouver des technologies de rupture » résume Sandrine Weingartner, la responsable recherche viticulture de la maison Hennessy (groupe LVMH) ce 13 juin lors d’une conférence de presse sur le domaine de la Bataille (Saint-Preuil, Grande Champagne). Preuve par l’exemple, avec le passage en revue des résultats et lancements d’expérimentation viticole de la première maison d’eaux-de-vie charentaises.

Suivant un protocole immuable, le négociant identifie des innovations pouvant répondre à un besoin viticole et les teste sur ses cinq propriétés (180 hectares en Grande et Petite Champagne) avant de les préconiser à ses apporteurs. Quand tout se passe bien, un avis positif est ainsi communiqué aux partenaires vignerons lors de journées techniques et via des lettres d’information. Ce qui a été le cas des panneaux de pulvérisation confinée (testés trois ans avant d’être mis en avant 2015). Mais si les essais ne sont pas probants, l’innovation passe à l’as. Comme pour le robot de taille robotisée Wall YE ou le système de désherbage sous pression d’eau GrassKiller. Les essais ayant été jugés insatisfaisants dans l’état actuel de développement de ces outils.

Pistes d’étude

Pour soutenir la montée en puissance de son service R&D (et de sa capacité de conseil auprès de ses apporteurs), Hennessy a multiplié par 10 son budget de recherche en cinq ans. Actuellement, la maison est en train de valider plusieurs innovations. À commencer par des cépages résistants au mildiou et à l’oïdium, tout juste plantés en partenariat avec la Station Viticole (comme deux autres maisons), et des tests du biocontrôle que sont les algues ImmunRise contre le midiou, testées cette année sur un contexte de forte pression (contrairement au dernier millésime).

Hennessy accueille également les tests de désherbage mécanique du robot TED, développé par la start-up Naïo technologies. Arrivé en avril, ce prototype est actuellement en phase de repérages, afin de peaufiner son guidage automatique sur des parcelles préalablement cartographiées. Répondant à des enjeux de sécurité et de respect des ceps, ce préalable doit conduire à de premiers essais de travaux des sols dans quelques semaines (avec des interceps et étoiles Kress). L’objectif étant de valider cette fin d’année le prototype et ses capacités d’adaptation (16 domaines participent en France à ces essais, dans le Médoc, la Camargue, la Champagne…).

"Prioriser le renouvellement"

Hennessy teste également les offres de télédétection des ceps improductifs de Fruition, qui propose de repérer et cartographier ces pieds par capteurs sur drones ou avions. S’il est fiable, l’outil doit permettre de « prioriser le renouvellement des parcelles en connaissant les proportions de manquants. Tous les viticulteurs ont un ordre de grandeur, mais quand on fait l’exercice de les compter précisément sur le terrain, on est souvent surpris par les résultats. Qui sont à la hausse par rapport aux estimations » souligne Mathilde Boisseau, la responsable du vignoble Hennessy.

Au-delà des tests, Hennessy voit également des pistes de développement dans cette technologie. « On peut imaginer détecter les pourcentages de manquants dus aux maladies du bois par des symptômes visibles ou non » esquisse Xavier Poitou, le coordinateur de la recherche et de l’innovation de Hennessy. Un nouveau poste qui témoigne, s’il en était besoin, de la volonté du négociant d’être un acteur clé du transfert technologique dans le vignoble charentais.

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