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Traitements

Quand l’eau adoucit les traitements

Lundi 04 juin 2018 par Frédérique Ehrhard

Même si l'IFV n'a jamais pu prouver l'efficacité de l'eau adoucie, des vignerons s'équipent de matériel pour adoucir la bouillie et réduisent les doses de produits phytosanitaires.
Même si l'IFV n'a jamais pu prouver l'efficacité de l'eau adoucie, des vignerons s'équipent de matériel pour adoucir la bouillie et réduisent les doses de produits phytosanitaires. - crédit photo : DR
Des vignerons s'équipent de stations corrigeant la dureté et le pH de l'eau utilisée pour améliorer la stabilité et l’efficacité de leurs bouillies. De façon à en utiliser moins.

La réduction de doses est dans l'air du temps. Dans ce contexte, les équipements destinés à adoucir et à abaisser le pH de l’eau connaissent un regain d'intérêt. Ils piègent le calcium, le magnésium et les métaux de l'eau, et permettent d'ajuster son pH aux matières actives utilisées. D'après leurs concepteurs, cela diminue l'hydrolyse des matières actives, améliore leur stabilité et facilite leur pénétration dans les feuilles. On peut donc réduire les doses plus facilement.

Réserves de l'IFV

Pourtant, les instituts techniques et les firmes sont plus que réservés. L'IFV a testé l'eau adoucie sur différents fongicides sans résultats (voir encadré). Arvalis, l’homologue de l’IFV pour les grandes cultures parvient aux mêmes conclusions avec des désherbants. « La formulation de nos produits est prévue pour s'adapter à tous les types d'eau », affirme de son côté Michel Leborgne, de Syngenta.

Selon les connaissances actuelles, la dureté ou le pH sont déterminants pour deux molécules : le glyphosate et le Pyrévert. L'efficacité du glyphosate chute quand la dureté de l’eau augmente, car cette molécule forme des complexes avec les ions calcaire et magnésium. Quant au Pyrévert, son efficacité son efficacité est optimale à un pH compris entre 4,5 et 5,5.

Les vignerons baissent les doses

Malgré cela, des vignerons s’équipent. « Avec ma station Hydro-Agly, je réduis la dureté de mon eau, très calcaire, et j'acidifie la bouillie pour le glyphosate et pour le pyraflufen éthyl (Sorcier ou Guerrier). Je peux ainsi diminuer de moitié la dose tout en obtenant une excellente efficacité, visible rapidement quand il s'agit de désherbage ou d'épamprage », note Rémy Dupret, du domaine du Vistre à Vauvert, dans le Gard.

A Saint Hippolyte, dans le Haut-Rhin, le domaine Muller Koeberlé s'est équipé d'une station Atiben pour ses 27 ha de vignes. « J'avais déjà diminué un peu les doses en les raisonnant en fonction des risques et en traitant tôt le matin, quand les conditions sont les meilleures. En investissant dans une station qui améliore les caractéristiques de mon eau, très ferreuse, je veux aller plus loin », explique David Koeberlé.

La première année, en 2016, la pression du mildiou a été très forte. « Je suis resté à pleine dose, et j'ai obtenu une excellente protection ». En 2017, il a pu diminuer les doses de fongicides de 30 % sans perte d'efficacité. « Les gouttes de bouillie s'étalent plus sur les feuilles. Cela améliore l'efficacité des produits de contact », assure-t-il.

Il lui semble aussi que la végétation est moins stressée après les applications. « De ce fait, je suis plus serein quand je dois aller traiter ». La station lui a coûté 7000 €. « Avec les économies réalisées, je devrais l'amortir en quelques années ». Pas question pour autant d’aller trop vite dans les réductions de doses. « J'y vais progressivement, pour voir les limites à ne pas dépasser et éviter de perdre du rendement ».

A la maison François Voyer, à Verrières en Charente, l'eau est très dure. Dans ce domaine de 45 ha, les vignes sont hautes et larges. « Nous avons s'abord investi dans un pulvérisateur Weber à flux tangentiel, pour que les bouillies pénètrent bien dans toute la végétation. Puis nous nous sommes équipés de la station Atiben. Grâce à ces deux améliorations, nous avons réduit les doses de fongicides de 30 % en 2017», relève François Chauchet, le vigneron.

 

Retrouvez l'intégralité de cet article dans La Vigne de juin 2018 à paraître.

 

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