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Transition écologique

Dans 5 ans, certification environnementale obligatoire à Saint-Émilion

Lundi 21 mai 2018 par Alexandre Abellan

 Réélu pour un quatrième mandat, Jean-François Galhaud maintient son cap : « pour être les mieux-disants, il faut être les mieux-faisants ». Réélu pour un quatrième mandat, Jean-François Galhaud maintient son cap : « pour être les mieux-disants, il faut être les mieux-faisants ». - crédit photo : Conseil des Vins de Saint-Émilion.
Servant de cobaye à l'intégration des mesures agroenvironnementales à leurs cahiers des charges, les appellations du Libournais ont revu et peaufiné juridiquement les termes de l’obligation d’engagement à une démarche de niveau HVE 2.

Corrigée, la copie vient d’être adoptée. Après un an de débats avec l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO), le Conseil des Vins de Saint-Émilion vient d’adopter, ce 15 mai en assemblée générale, l’intégration à son cahier des charges d’une obligation certification environnementale de niveau 2 pour le premier janvier 2023. Un article identique dans la philosophie à celui adopté l’an dernier par cette même assemblée générale, mais réécrit dans une forme plus compatible juridiquement avec l'administration (voir l'encadré).

« L’INAO craignait que l’intégration de certifications extérieures à notre cahier des charges retire du pouvoir à nos vignerons… et à l’INAO. Mais en s’appuyant sur des certifications reconnues et contrôlées par l’État, on borde les risques. Au contraire, on peut avoir des évolutions sans avoir à changer le cahier des charges » résume Jean-François Galhaud, le président du Conseil des Vins de Saint-Émilion.

Certifications existantes

Souhaitant garder la crédibilité et la diversité des certifications existantes, le syndicat viticole de la rive droite* a maintenu sa position d’intégrer des cahiers des charges externes. Ces certifications étant désormais fixées à un niveau équivalent au moins au deuxième niveau de certification agroenvironnementale. Soit les démarches reconnues par le ministère de l’Agriculture que sont : Agriconfiance, bio, biodynamie, HVE, le Plan Végétal Environnement en Aquitaine (AREA-PVE), le Système de Management Environnemental du Vin de Bordeaux (SME) et Terra Vitis.

À noter, parmi les autres modifications, qu’il n’est désormais plus question d’engagement obligatoire à une certification pour le millésime 2019. L’INAO jugeant que cette notion était trop risquée juridiquement. Pour bénéficier de leurs AOC, les vignerons de Saint-Émilion devront être certifiés en 2023, avec deux années de tolérance. Pour se faire, 26 réunions d’information sur les certifications ont déjà été réalisées auprès de 200 viticulteurs (sur les 970 viticulteurs des 4 AOC concernées).

"100 % de certification"

« Nous reprendrons ce cycle d’information après les vendanges. Mais nous réfléchissons déjà à la rédaction de fiches pratiques et à la création d’une cellule d’aide à la certification. Il faut faciliter les parties techniques et administratives » explique Franck Binard, le directeur du Conseil des Vins de Saint-Émilion. Qui va également lancer un sondage auprès des vignerons pour connaître la part s’engageant ou étant déjà certifié dans un référentiel (ils étaient 45 % dans le sondage d’il y a deux ans).

Faisant office de cobaye en matière de certification environnementale intégrée à son cahier des charges, « Saint-Émilion ne veut pas être un village gaulois. Nous sommes ravis de savoir que nous ne sommes pas les seuls à avoir cette volonté de 100 % de certification » souligne Jean-François Galhaud. Les syndicats viticoles de l’Entre-deux-Mers et des Graves ayant en effet voté l’an passé une obligation de certification environnementale. Ne reste désormais plus à l’INAO qu’à valider le cahier des charges réécrit de Saint-Émilion, durant le comité national du 19 juin ou du 5 septembre. Vu le temps passé sur cet article, cela devrait être une formalité.

 

* : L’organisme de défense et de gestion réunit les appellations Lussac Saint-Émilion, Puisseguin Saint-Émilion, Saint-Émilion et Saint-Émilion Grand Cru.

Cahier des charges : l'article en question

"Tout opérateur producteur de raisins bénéficie :

- d'une attestation de conversion en agriculture biologique ou d'une certification en agriculture biologique pour la filière viticole

Ou

- d'une certification environnementale au minimum de niveau 2 reconnue par l'Etat ou d'une certification dans une démarche privée reconnue équivalente totalement ou partiellement à la certification environnementale de niveau 2 par arrêté du ministre en charge de l'agriculture, que ce soit dans le cadre d'une démarche individuelle ou d'une démarche collective."

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