Start-up

Moins de cuivre dans les sols grâce à des plantes

Vendredi 11 mai 2018 par Juliette Cassagnes

Un mélange de trèfle et de graines de plantes phytoremédiatrices, en forme de virgules... Tenu confidentiel, il est composé de plantes issues de la famille des astéracées.
Un mélange de trèfle et de graines de plantes phytoremédiatrices, en forme de virgules... Tenu confidentiel, il est composé de plantes issues de la famille des astéracées. - crédit photo : Rémi Vincent, Maison Jean Loron
Une start-up lyonnaise du nom de Biomédé propose une nouvelle solution à base de plantes hyper-accumulatrices de métaux lourds, en vue de réduire les quantités de cuivre dans les sols viticoles.

Biomédé commercialise depuis peu auprès des viticulteurs un mélange de graines dits « hyper-accumulatrices ». Semées au printemps sur une parcelle arrachée, elles ont la propriété de pomper le cuivre présent accumulé dans le sol et de le stocker dans leurs parties aériennes. Arrivées à maturité, fin juillet-début août, ces plantes sont fauchées et exportées de la parcelle, par exemple grâce à une round-balleuse.

Parallèlement, des analyses des teneurs en cuivre sont réalisées avant et après l'implantation du couvert, afin de mesurer l'efficacité. Des essais réalisés en Beaujolais en 2017 sur 3 parcelles ont montré une baisse de 20% en moyenne des quantités de cuivre total dans le sol. L'idée est donc de répéter l'implantation de ce couvert jusqu'au seuil de pollution désiré. Les analyses ont par ailleurs mis en évidence une légère diminution des teneurs en arsenic et en plomb.

Ce procédé, appelé « phyto-extraction » ou « phytoremédiation », existe déjà dans l'industrie pour dépolluer des sols contaminés par des métaux lourds.

"Un coût supérieur à 1000€/ha"

Des châteaux du bordelais ont décidé de tester à leur tour ce procédé en avril, cette année. Des essais auront aussi lieu à l'automne prochain mais cette fois dans l'inter-rang de vignes plantées. La façon de les récolter restera à trouver.

Le coût de la prestation complète, qui comprend le diagnostic et le mélange de semences, varie entre 1000€ et 3000€/ha. Les plantes seraient adaptées au climat méditerranéen, car ont des besoins hydriques « peu importants, selon Ludovic Vincent, son directeur. Ce sont des variétés rustiques, qui n'ont pas besoin d'être arrosées ». La densité de semis préconisée : 20 kg/ha.

illustration: schéma de phytoextraction (source: https://bioremediationofcontaminatedsoil.wordpress.com/)

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