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Fongicides

Générations Futures s’attaque aux SDHIs

Mercredi 02 mai 2018 par Christelle Stef

Le boscalid, un fongicide de la famille des SDHi est utilisé en vigne pour lutter notamment contre le Botrytis
Le boscalid, un fongicide de la famille des SDHi est utilisé en vigne pour lutter notamment contre le Botrytis - crédit photo : C.S.
L’ONG Générations Futures demande la suspension des AMM des produits à base de SDHIs, boscalid en tête. Mais pour BASF qui commercialise cette matière active, cette demande n’est pas fondée

Après le glyphosate, et les néonicotinoïdes, Générations Futures s’attaque aux fongicides de la famille des SDHIs. Dans sa ligne de mire : le boscalid, une matière active commercialisée par BASF et homologuée sur de nombreuses cultures dont la vigne. Elle rentre ainsi dans la composition de plusieurs produits : l’antibotrytis Cantus et l’antioïdium Collis. Générations Futures demande tout bonnement à l’Anses de « suspendre immédiatement les autorisations de mise en marché des produits contenant du boscalid et autres SDHIs, à titre conservatoire », indique François Veillerette, son porte-parole dans un communiqué paru le 24 avril. L’ONG argue que le boscalid est le 8ème pesticide le plus fréquemment quantifié dans les eaux de surface et le 12ème dans les eaux souterraines. Selon elle, c’est aussi l’un des produits que l’on retrouve le plus dans l’air. Et « surtout le boscalid est le résidu de pesticides le plus fréquemment quantifié dans les aliments au niveau européen », souligne-t-elle.

Une alerte dans la presse

Mais ce qui a mis le feu au poudre c’est une alerte émanant de scientifiques de l’Inserm, du CNRS et de l’Inra, parue dans une tribune du journal Libération le 16 avril. Les chercheurs y expliquent que les fongicides de la famille des SDHIs bloquent la respiration des cellules des champignons en agissant sur la succinate déshydrogénase (SDH), une enzyme que l’on trouve aussi chez l’humain. Or des anomalies de son fonctionnement chez l’Homme peut entraîner des encéphalopathies et certains cancers indiquent les chercheurs. Deux jours plus tard, l’Anses a indiqué dans un communiqué qu’elle allait mettre en place un groupe d’experts dédiés pour auditionner les auteurs de cette alerte et examiner les éléments qu’ils évoquent au regard de la littérature scientifique et des données issue de la pharmacovigilance.

Un groupe d'experts dédiés

L’Anses rappelle toutefois que « comme l’ensemble des substances actives phytopharmaceutiques, les SDHI ont fait l’objet avant leur approbation au niveau européen et la mise sur le marché par les Etats-Membres des produits les contenant d’une évaluation de leur toxicité pour les mammifères ainsi que des risques potentiels que représentent leurs usages ». De son côté BASF a publié un communiqué le 25 avril dans lequel la firme précise qu’à ce jour « il n’y a aucune donnée scientifique nouvelle permettant de remettre en cause la sécurité des SDHIs ».

Des affirmations non justifiées selon BASF

La firme souligne que les affirmations sur les effets néfastes des SDHIs sur l’Homme ne sont pas justifiés. « Ces effets observés lors d’essais in vitro sont connus depuis de nombreuses années mais leur transposition directe à l’Homme n’est cependant pas fondée. En effet, les produits issus de cette famille de fongicides, dans le cas où ils seraient absorbés par l’organisme, se dégradent largement chez les mammifères en métabolites qui ne présentent plus les mêmes effets et son rapidement éliminés ». Ces propos suffiront-ils à apaiser les choses ? L’avenir le dira.

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