Pas de casse

Tutiac verse 4 millions € à ses adhérents pour compenser le gel

Lundi 30 avril 2018 par Alexandre Abellan

La petite récolte 2017 devrait conduire à un déficit attendu de 3,1 millions d’euros pour le groupe Tutiac. Qui sera compensé comptablement par un report de solde des millésimes 2015 et 2016 (respectivement +2,2 et +1,3 millions €).
La petite récolte 2017 devrait conduire à un déficit attendu de 3,1 millions d’euros pour le groupe Tutiac. Qui sera compensé comptablement par un report de solde des millésimes 2015 et 2016 (respectivement +2,2 et +1,3 millions €). - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Malgré une perte de 47 % de sa récolte 2017, la cave coopérative bordelaise se montre sereine, grâce à la mobilisation de son système de réserve pour assister ses apporteurs.

« Dans son impact sur notre entreprise, le gel est presque à regarder positivement. Il nous a permis de remonter des prix de Marques De Distributeurs jusqu’à +17 %. Alors qu’en temps normal, une revalorisation de +1,5 % est déjà un exploit » plaisante, pince-sans-rire, Éric Hénaux, lors de l’assemblée générale de la coopérative de Tutiac, ce 26 avril à Marcillac. Ne créant pas un froid parmi l’assistance vigneronne, ce trait d’esprit témoigne de la bonne santé de la première cave girondine. Pas de mines abattues ou déconfites alors que le gel qui a frappé le vignoble un an auparavant a conduit à une baisse de 47 % de la récolte, à 112 000 hectolitres.

Le secret de cette résilience ? Il tient au versement annoncé des 4 millions d’euros du fond de péréquation et à l’augmentation de 5 % du prix de la récolte. « En moyenne, nous verserons aux adhérents un montant équivalent à 85 % d’une récolte normale. Pour un impact quasi nul sur leurs trésoreries du gel » se félicite Stéphane Héraud, le président de Tutiac.

Ristourne et valorisation

Depuis 2014, Tutiac a décidé de conserver une part de ses résultats comptables en prévision d’années difficiles, tant commercialement que climatiquement. Soit une provision pour ristourne de 4 millions d’euros (dont 430 000 euros déjà prélevés, selon les besoins individuels). Dont l’assemblée générale de la coopérative a validé le déblocage en deux tranches, en 2018 et 2019. Globalement, ce fond d’anticipation permet de compenser le gros du coup dur, et de réduire le risque de fragilité économique pour les adhérents de Tutiac

.En prime, une « augmentation exceptionnelle » de +5 % du prix de la récolte 2017 a été validée. Si les cours du vrac ont augmenté de 12 % sur période, les coûts fixes plus importants auraient dû au contraire peser sur une réduction de cette valorisation. « N’écoutez pas Messieurs les banquiers. On a décidé de ne pas être sérieux, au lieu de le réduire on l’augmente » glisse Stéphane Héraud.

"95 % du vignoble assuré"

Pour se préparer à un prochain aléa climatique, la cave a contracté une assurance de perte d’exploitation et a construit sur mesure un contrat collectif. Avec 3 200 hectares actuellement assurés avec ce dispositif, le pari est réussi. Sachant qu’avec les assurances individuelles, 95 % du vignoble est assuré au final.

Pour remédier aux hoquètements de sa production et continuer à approvisionner ses marchés, la cave de Tutiac compte développer son activité de négoce (SICA Cellier Vinicole du Blayais). « Notre chance est d’être à la fois producteur et commercialisateur. C’est l’une de nos forces et nous devons la préserver afin de toujours pouvoir réagir les premiers, quels que soient les évènements » conclut Stéphane Héraud.
 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé