LE FIL
Vous devez être connecté pour selectionner cet article dans vos contenus sauvegardés.
x

Cognac

Rémy Martin entraîne ses viticulteurs vers la certification HVE

Mercredi 04 avril 2018 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 11/04/2018 11:53:17

Cette démarche a été entamée en 2007 sur les domaines Rémy Martin, avec la certification Agriculture Raisonnée. Qui a fait place au label HVE en 2012.Cette démarche a été entamée en 2007 sur les domaines Rémy Martin, avec la certification Agriculture Raisonnée. Qui a fait place au label HVE en 2012. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Sans ruer dans les brancards, la maison charentaise au centaure compte bien mettre à profit son antériorité sur le développement durable pour dynamiser le mouvement enclenché par la filière charentaise.

En 2020, tous les apporteurs contractualisés des cognacs Rémy Martin seront engagés dans une démarche Haute Valeur Environnementale (HVE) de niveau 1. En 2022, la moitié de ces viticulteurs seront certifiés HVE 3 s’engage la filiale du groupe Rémy Cointreau, à l’occasion d’un voyage de presse ce 30 mars dans ses vignes de Grande et Petite Champagne (la maison ne travaillant que sur ces crus).

« Je suis confiant, ces objectifs peuvent être dépassés assez rapidement. Après un premier bilan, les vignerons s’aperçoivent souvent que la marche du niveau 3 est aisée à atteindre » estime le viticulteur Christophe Forget, le président de la coopérative Alliance Fine Champagne (AFC), dont les 802 adhérents sont sous contrat avec Rémy Martin*. Ce 4 mars, le négociant remettra ses premiers « Centaures de l’environnement », récompensant ses premiers viticulteurs certifiés HVE (donc de niveau 3). À date, 84 de ses apporteurs ont obtenu cette certification du ministère de l’Agriculture, et 349 se sont engagés dans la démarche de niveau 1 (respectivement 10,5 et 43,5 % de ses viticulteurs sous contrat).

Émulation

« L’accompagnement et l’exemplarité forment notre état d’esprit. Nous sommes focalisés sur les recommandations pour faire tache d’huile. Pas sur le coup de bâton des sanctions » pose Christophe Forget (certains pourront y voir une référence au cahier des charges des cognacs Hennessy, interdisant notamment le désherbage en plein). Ces principes sont mis en application lors des deux jours de formation volontaire ouverte aux adhérents de l’AFC. Lancée depuis 2014 par Rémy Martin, cette formation en petits groupes permet d’intégrer la démarche HVE et d’obtenir le niveau 1 en faisant un état des lieux et en partageant des pistes de bonnes pratiques. Ce qui positionne désormais la démarche en complément des formations du référentiel de viticulture durable de l’interprofession charentaise (suivie par 22 % des vignerons du Cognac au début 2018).

Pour nourrir les réflexions sur la réduction des intrants et le développement de la biodiversité, les vignobles Rémy Martin mettent en place de tests débouchant sur des préconisations. Responsable du conseil aux fournisseurs de la maison au centaure, Laura Mornet cite ainsi les études en cours sur la gestion des couverts hivernaux dans l’inter-rang, avec un objectif d’engrais verts (avec des essais de diverses modalités de semis, à base de féveroles, ou de technique de destruction, avant débourrement). La technicienne évoque également la gestion innovante des herbes sous le rang (un prototype du robot TED de Naïo Technologies va être déployé cette fin avril sur un hectare).

"La HVE a amélioré mon rendement"

Volontaire, cette démarche doit aboutir à l’obtention individuelle de la certification HVE, à la charge de l’exploitation. « Les coûts que cela génère sont à relativiser avec les économies qui accompagnent toute réflexion sur la production de vins » témoigne le bouilleur de cru Jean-Manuel Geral (distillerie Rémy Piron). Possédant 100 ha de vignes à Angeac-Champagne, le viticulteur se rappelle qu’« il y a deux ans, je n’ai jamais produit autant. Je suis persuadé que la HVE a amélioré mon rendement. Et donc mon potentiel de chiffre d’affaires. La vigne nous rend bien nos attentions ».

D’ordinaire discrète, la maison Rémy Martin compte bien communiquer d’avantage sur son implication environnementale. « Nous sommes amenés à nous engager de manière croissante à l’amont » reconnaît Baptiste Loiseau, le maître de chai de Rémy Martin. « Sur les marchés nous avons besoin de montrer les spécificités du Cognac par rapport aux autres spiritueux. Il n’y a pas que la distillation et le vieillissement qui font notre typicité. Tout ce qui se fait au vignoble forme naturellement les arômes et l’acidité des raisins qui structurent nos vins, puis eaux-de-vie. L’évolution des pratiques viticole est un levier pour la qualité de nos produits » conclut-il.


* : « L’approvisionnement de Rémy Martin est très majoritairement issu de la coopérative. Ce n’est pas un sourcing exclusif, mais cela représente plus de 90 % de nos volumes » glisse, sans plus s’étendre, Baptiste Loiseau.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé