Pierre Arditi

« Boire avec raison et pas avec modération » le vin

Samedi 17 mars 2018 par Alexandre Abellan

« Je ne suis pas un spécialiste, je ne suis qu’un gentil amateur » glisse dans un sourire charmeur Pierre Arditi, qui dit aimer le vin et espérer ne pas trop mal en parler. Les applaudissements nourris de l’auditorium Jefferson ont dû l’en convaincre.
« Je ne suis pas un spécialiste, je ne suis qu’un gentil amateur » glisse dans un sourire charmeur Pierre Arditi, qui dit aimer le vin et espérer ne pas trop mal en parler. Les applaudissements nourris de l’auditorium Jefferson ont dû l’en convaincre. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Ayant embrassé avec fougue et passion la dive bouteille, l’acteur déploie tout son bagout et son talent pour promouvoir une consommation responsable dans sa mesure.

« Au fond, ce que j’aime avec le vin, c’est qu’il peut titiller l’imaginaire. Il est créateur d’une géographie paysagère, humaine, sentimentale. Quand je bois un verre de vin, je bois l’âme de celui ou celle qui l’a fait » confie Pierre Arditi, ce 12 mars lors d’une conférence à la Cité du Vin, dont il est l’ambassadeur. Prêchant pour une culture aussi vivante que plaisante du vin, l’acteur voit avec malice dans une bouteille « un objet précieux, parce que je sais l’utiliser. Je n’ai pas besoin de perdre conscience, d’abdiquer ce que l’on s’est promis d’être. Je ne permets pas au vin de le faire, parce que je ne le veux pas. »

Sous les vivats du public bordelais, Pierre Arditi ne s’est pas fait prier pour expliquer la vertu de la volonté sur l’interdit dans la consommation de vin. « La célèbre formule boire avec modération ne veut strictement rien dire, elle n’a pas de sens. Il faut boire avec raison. [Parce que] le vin, quand on dépasse le cap de l’amitié qu’il provoque, le vin n’est plus un ami. Il peut même devenir un ennemi. La raison veut que l’on se rende compte qu’à un moment donné, il faut cesser » pose l’interprète de Benjamin Lebel (l’œnologue du Sang de la Vigne).

Appel à la raison

Pour Pierre Arditi, « ce qui compte, c’est l’initiation. C’est la culture du père ». Même s’il reconnaît qu’en matière de vins sa famille n’était pas dotée du goût le plus sûr (les cuvées paternelles étant affectueusement qualifiées de « piquette » et de « vinaigre »), l’acteur juge que l’initiation à la culture du vin est une étape capitale* pour son appréciation avisée. « Je crois qu’on peut le faire comprendre à des gosses, qui, contrairement à ce que l’on peut entendre, ne se bourrent pas la gueule avec le vin, mais avec des petits alcools frelatés pas chers pour faire perdre conscience plus vite » tranche Pierre Arditi, coupant le rythme de ses anecdotes finement ciselés.

Visiblement excédé par « un certain discours hygiéniste qui tente de tordre le cou aux gens qui aiment le vin », l’acteur se demande « si le vin est coupable que cette jeunesse s’enivre. Quand ils bourrent la gueule, c’est pour oublier un monde qui ne leur ouvre pas les bras. Moi personnellement, je bois du vin, mais j’ouvre les bras à la jeunesse. »

 

* : Qui pour sa part a eu lieu dans les bouchons lyonnais en 1965, lors de ses débuts d’acteur (avec Marcel Maréchal).

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