Un vent de libéralisme

Quand l'agriculture étouffe

Mercredi 14 mars 2018 par Bertrand Collard

Après sa charge contre la réglementation qui étouffe le secteur viticole, Laurent Pahpy s’est attaqué aux maux de notre agriculture.
Après sa charge contre la réglementation qui étouffe le secteur viticole, Laurent Pahpy s’est attaqué aux maux de notre agriculture. - crédit photo : DR
Un rapport prône la privatisation des chambres d'agriculture, la fin des CVO et celle du financement public des syndicats pour relancer l'agriculture française.

Libérer les agriculteurs du joug administratif. C’est le titre de la nouvelle étude de Laurent Pahpy. Après sa charge contre la réglementation qui étouffe le secteur viticole, l’auteur s’est attaqué aux maux de notre agriculture. Il part du constat qu’elle est passée en 15 ans de troisième à sixième exportatrice mondiale derrière les Pays-Bas et l’Allemagne. La réglementation européenne n’est donc pas la cause de ses malheurs.

Trop de technostructures

Il déplore que le tiers des agriculteurs gagnent moins de 350 €/mois alors que quantité d’organismes et d’administrations sont à leur chevet. C’est bien là qu’est le mal selon cet analyste libéral : dans cette technostructure que l’agriculture supporte financièrement et dont elle subit les oukases.

Par technostructure, il entend les administrations, les syndicats, les interprofessions, les chambres d’agriculture, la MSA, les Safer, l’agence bio, l’Inao… même les Fredon. Toutes ces organisations vivent au crochet de l’agriculture alors que leur utilité n’est pas démontrée selon l’auteur, faute d’être dans un univers de concurrence.

Pour lui, « le contrôle des structures et les Safer, c’est l’agriculture française au pays des soviets ; les chambres d’agriculture, la culture du gaspillage. Alors que la population agricole diminue, les effectifs des chambres d’agriculture restent stables. Leur gestion est dispendieuse. Comme elles ne sont pas en concurrence, on ne sait pas si elles sont utiles. »

Il propose de supprimer le financement public des syndicats, de privatiser les chambres d’agriculture et de transférer leurs missions administratives à l’Etat afin qu’elles ne conservent que les missions de conseil. Il veut mettre fin au contrôle des structure, aux Safer, aux CVO. Il préconise encore de supprimer progressivement toutes les aides Pac « pour rétablir les signaux de marché ». Qui l’entendra ?

 

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