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Avant le salon de l'agriculture

La filière souligne le coût de la transition écologique

Mercredi 21 février 2018 par Bertrand Collard

Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer et Jean-Marie Barillère, président du Cniv : Il n'y aura pas de transition écologique sans revenu supplémentaire pour les viticulteurs.'
Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer et Jean-Marie Barillère, président du Cniv : Il n'y aura pas de transition écologique sans revenu supplémentaire pour les viticulteurs.' - crédit photo : B. Collard
La transition écologique, oui ! Mais pas au prix d’une baisse du revenu des viticulteurs. C'est le message que les réprésentants de la filière feront passer aux politiciens sur le salon de l'agriculture à Paris.

« La transition écologique sera un thème majeur du salon de l'agriculture à Paris. Mais on ne peut pas demander aux viticulteurs de supporter une hausse de leurs coûts de production sans recettes supplémentaires. Cela ne marchera pas », a prévenu Jérôme Despey lors d’une conférence de presse le 21 février, avec Jean-Marie Barillère.

"Pas de double peine"

Les mesures pour réaliser cette transition sont listées dans le plan de la filière vins que les deux responsables ont remis au ministre de l’Agriculture le 29 janvier. Plusieurs d’entre elles portent sur la réduction de l’usage des produits phytos, à commencer par les herbicides. Or elles ont un coût.

« En Champagne, 3 000 ha ne reçoivent pas d’herbicide. Donc, nous savons faire sans désherbants. Mais le désherbage mécanique intégral, c’est la double peine car les coûts augmentent et alors que les rendements baissent », souligne Jean-Marie Barillère, président du Cniv.

"Au client de payer"

Qui paiera la facture ? Là encore, la réponse a été très claire : « le client final ». Puisque c’est lui qui pose de nouvelles exigences.

Mais pour les deux responsables de la filière, la grande distribution et les pouvoirs publics doivent aussi être mis à contribution. « Les champagnes à 7 € et les bordeaux à 1 €, ce n’est plus acceptable, s’emporte Jean-Marie Barillère. Il faut arrêter cette destruction de valeur. Nous espérons que le gouvernement ira jusqu’au bout dans l’encadrement des promotions en grande distribution. Nous serons très attentifs à cela. »

"Des aides pour passer le cap"

« Emmanuel Macron a annoncé un plan d’investissement de 5 milliards d’euros sur 5 ans dans l’agriculture. La filière viticole souhaite mettre sa part de ces aides dans l’investissement dans la viticulture durable », ajoute Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer. Ce dernier estime également que les aides de l’OCM vin devraient permettre d’investir dans « des pulvérisateurs plus performants en terme de limitation de la dérive. »

Quant à la mise en œuvre de cette viticulture plus respectueuse, elle ne se décrètera pas au niveau national. « La transition écologique en Champagne et dans le Languedoc, ce n’est pas la même chose. Tout est une question de climat. Les démarches de progrès seront déployées région par région », assure Jean-Marie Barillère.

"A chaque région son rythme"

Une question de climat… et de mode de conduite. En Champagne, les vignes étroites sont un obstacle à réduction des traitements. Elles sont remises en cause. « On peut très bien avoir des rangs plus espacés et des vignes plus hautes », assure Jean-Marie Barillère.

Les deux responsables professionnels expliqueront tout cela aux politiciens qui s’arrêteront sur le Pavillon des vins au salon de l’agriculture à Paris du 24 février au 4 mars.

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