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Cas d’école

Piloter son entreprise en cas de petite récolte

Vendredi 16 février 2018 par Juliette Cassagnes

 des leviers restent possibles pour amoindrir le choc ; ils doivent se décider dès l’année du sinistre et les années suivantes
des leviers restent possibles pour amoindrir le choc ; ils doivent se décider dès l’année du sinistre et les années suivantes - crédit photo : Pixabay
Lors du Vinosphère 2018, un point a été fait sur les mesures existantes pour limiter les dégâts après une très faible récolte. L’exemple a été pris sur le vignoble de Chablis suite au millésime 2016.

L’année 2016 à Chablis a été une succession d’aléas climatiques : gel, grêle, inondations. La récolte a donc été parfois catastrophique, mais l’impact a été variable selon le type d’entreprise : « Les plus touchées correspondent aux domaines qui font de la vente directe », a ainsi expliqué Jean Tribouley, responsable pôle agriculture au sein du cabinet d'experts-comptables ETC, lors du Vinosphere, le 8 février 2018.

Contrairement à ceux vendant en vrac, dont le cours a pu être revalorisé, ces derniers ont été dans l’impossibilité de répercuter ce manque à gagner en jouant sur le prix de vente des bouteilles. « Pour peu que l’entreprise n’était pas assuré et n’avait pas de stock, l’impact économique et financier a alors été dramatique », a témoigné celui-ci. Un effet généralement ressenti surtout l’année qui suit celle du sinistre : les montants d’impôts et MSA seront donc élevés au moment où la trésorerie sera au plus bas, étant donné que le résultat attendu à la date de clôture de l’exercice reste basé sur la commercialisation de la récolte précédente…

Des mesures fiscales, économiques, sociales

Mais des leviers restent possibles pour amoindrir le choc ; ils doivent se décider dès l’année du sinistre et les années suivantes. Le spécialiste conseille en premier lieu de « jouer » sur les stocks restants : « Il faut gérer le stock et les quantités disponibles par client, en différant si possible certaines ventes à l’année d’après, pour lisser le résultat », détaille celui-ci. En cas d’emploi de salariés, il est par ailleurs possible d’avoir recours au chômage partiel pour économiser sur les charges de main d’œuvre.

L’année suivante, des démarches peuvent être entreprises auprès des banques pour reporter le remboursement des annuités d’emprunts à l’année suivante. C’est ce qu’on appelle une « année blanche ». Autre possibilité : demander une « consolidation de trésorerie », qui consiste à différer et rallonger les annuités de tous les emprunts, en conduisant un vrai plan de trésorerie précis : « C’est très efficace » juge Jean Tribouley.

"Le régime de la sous-activité"

Une réflexion pourra par ailleurs être engagée pour connaître le chiffre d’affaires nécessaire pour atteindre son seuil de rentabilité, et évaluer quelles économies sont possibles. Cela demande de connaître ses coûts de production et de les comparer à ceux des exploitations analogues. Une évolution des prix de vente en conséquence, sera nécessaire.

En termes de prélèvements sociaux (MSA) et fiscaux (IRPP), celui-ci préconise d’opter pour l’option (n-1) à la place de la moyenne triennale, pour réduire l’assiette de cotisations. Le résultat peut aussi être lissé en ayant recours à la « DPA » (déduction pour aléas), qui atteint 27000€ par associé, et en jouant sur les amortissements.

Enfin, il existe aussi le régime de la « sous-activité », qui consiste à déduire du résultat dès l’exercice de valorisation de la récolte sinistrée, les coûts correspondant au volume non produit. « L’impact sur la valorisation du stock et donc sur le résultat, est immédiat », conclut l’expert.

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