Ancrage local

Les vignerons attachés à leur salon des vins de la Loire

Mercredi 07 février 2018 par Alexandre Abellan

En passant à deux jours, le salon d’Angers satisfait ses exposants, qui demandaient un cadre plus resserré (et qui se cale ainsi sur la Levée).
En passant à deux jours, le salon d’Angers satisfait ses exposants, qui demandaient un cadre plus resserré (et qui se cale ainsi sur la Levée). - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Alors que les grands opérateurs sont démobilisés, les caves particulières n’en affirment que plus leur fidélité à l’évènement angevin qui centralise de multiples évènements dans le vignoble.

Les grandes maisons du négoce et de la coopération étant les grands absents du Salon des Vins de Loire (4-5 février au parc des expositions d’Angers), l’évènement pourrait être rebaptisé le salon des vignerons ligériens. Représentatif de cette tendance, le négoce coopératif « Alliance Loire a fait le choix de ne plus venir et de porter ses investissements salons sur Vinovision » explique Nicolas Parmentier, le directeur de la cave des Côteaux du Vendomois. Adhérente à Alliance Loire, la coopérative fait l’inverse : elle rese présente à Angers, mais fera l’impasse sur le salon parisien des vins septentrionaux. « Je n’y serai pas, je sais que je n’y aurai pas de clients pour moi. À Paris on est la porte de grande distribution nationale. Alors qu’ici, on peut avoir le responsable des achats de la centrale locale » souligne-t-il.

Les déclarations d’affection pour le « salon au coeur du vignoble » ne manquent pas dans les allées du parc des expositions d’Angers. Même si la foule s’est clairsemée entre lundi et mardi (effet neige oblige), la dimension locale et l’échelle humaine de l’évènement restent attractives. « C’est un salon de proximité. Il permet aux locaux d’économiser en logement et transport » souligne David Destoc, le directeur régional des Vignerons Indépendants du Val de Loire. Pour la première année, la fédération a investi dans un stand collectif (accueillant 15 adhérents) : « les vignerons indépendants ont toujours soutenu le salon. De nombreux membres exposent individuellement. On croit au salon et à sa nouvelle dynamique » souligne le directeur des VIF ligériens.

Circuits traditionnels

Après une année 2017 où le lancement de Vinovision a conduit à une forte chute des exposants (tombant à 228), le salon des vins de Loire rebondit en 2018 avec une hausse de 30 % de ses stands (pour 300 exposants, grâce à de nouvelles offres commerciales, voir encadré). « L’an dernier il y a eu un sentiment de déclin en termes d’exposants, mais pas de visiteurs. L’affluence a bénéficié à ceux qui sont restés. Et cela convainc ceux qui sont partis de revenir » analyse Marielle Michot, du domaine éponyme en appellation Pouilly Fumé.

Se souvenant des « années fastes, où l’on était 600 stands dans le hall Amphitea », la vigneronne incarne bien l’attachement des vignerons ligériens à "leur" évènement. Ne participant qu’à ce salon professionnel, Marielle Michot annonce avoir déjà amorti sa participations avec les contacts réalisés cette édition : « ici on rencontre le réseau de distribution CHR, cavistes et export… Tous cherchent des vignerons avec des histoires et des produits typiques. »

"Moins de monde en bas qu’en haut"

En 2018, au parc des expositions d’Angers peut revendiquer quasiment 600 domaines, grâce aux 270 vignerons des salons de la Levée et Demeter. Intégrés au salon officiel, leurs attractivités ne s’essoufflent pas. « iI y en a de moins en moins de monde en bas [NDLR le salon des vins de Loire se trouvant au rez-de-chaussée], alors qu’il y a de plus en plus de monde en haut [NDLR : la Levée se poursuivant au premier étage] » note Christina Fillatreau, des domaines familiaux Fillatreau (à Saumur).

La vigneronne est bien placée pour comparer, ayant un stand sur le salon des vins de Loire et sur la Levée de la Loire (les propriétés entamant une conversion bio). « On pense que les visiteurs ciblés entre les deux halls sont différents » explique-t-elle. Il est vrai que les acheteurs spécialisés dans les vins bio s’arrêtent peu dans le hall du salon des vins de Loire. Comme ceux adeptes des salons offs savamment indépendants, comme la Dive Bouteille ou les Greniers Saint-Jean.

Écosystème

« Tous ces salons forment un écosystème, qui propose des trajectoires de visites complémentaires et uniques » analyse Anne Boussion, la directrice des salons du Parc des Expositions d’Angers. Balayant les comparaisons avec le salon parisien Vinovision, l’organisatrice estime que « le salon des vins de Loire ne rend pas un service pour les gros volumes et le grand export. Ça, c’est le positionnement de Prowein. Celui que Vinovision vise. Nous restons différents, avec notre ancrage au sein du vignoble. »

Pour marquer ces spécificités, la prochaine feuille de route du Salon des Vins de Loire devrait accentuer l’offre gastronomique et tisser des liens avec l’oenotourisme.

Nouvelles offres tarifaires

Les grands opérateurs (type Ackerman, Bouvet-Ladubay, Gratien et Meyer…) étant absents, les vastes stands conçus pour l’occasion manquent également à l’appel. Les vignerons optant pour des dispositifs plus minimalistes, et surtout moins chers. Pour diminuer les investissements, les organisateurs ont créé des formules d’appel. Soit un package de 8 mètres carrés avec accès à une réserve pour 1 200 euros hors taxe, et un mini-stand de 6 m2 pour 1 000 € HT. Tandis qu’est maintenue l’offre de 9 m2 pour 1 450 € HT.

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