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Chapelle Guiraud

Nouvelle pierre à la construction œnotouristique de Sauternes

Lundi 15 janvier 2018 par Alexandre Abellan

Cherchant depuis 35 ans un « usage intelligent » à la chapelle protestante édifiée en 1784 (et convertie en débarras), Xavier Planty (à gauche) a retenu le projet de Nicolas Lascombes (à droite), tombé sous le charme de ce bout de « Toscane bordelaise » en 2015.
Cherchant depuis 35 ans un « usage intelligent » à la chapelle protestante édifiée en 1784 (et convertie en débarras), Xavier Planty (à gauche) a retenu le projet de Nicolas Lascombes (à droite), tombé sous le charme de ce bout de « Toscane bordelaise » en 2015. - crédit photo : Agence Hello
La route des vins de Sauternes peut afficher une nouvelle étape gastronomique à son tracé qui connaît une phase de forte croissance de ses animations.

« Sauternes est en train de devenir une destination incontournable dans le paysage touristique bordelais. Il faut y aller à fond, avec une véritable politique de l’offre » s’enthousiasme Xavier Planty, présentant ce 12 janvier à la presse le restaurant la Chapelle, qui se loge au cœur du château Guiraud qu’il dirige. En partenariat avec l’entrepreneur Nicolas Lascombes, la Foncière de Guiraud* a rénové sa chapelle protestante pour y créer un ensemble gastronomique modulaire (du restaurant bistronomique pour 225 couverts à la salle de réception, en passant par le bar à vins et la boutique).

Ouvrant le 2 février 2018, la Chapelle de Guiraud complète une offre croissante à Sauternes. Un véritable pôle œnotouristique se développe, témoignant autant d’une volonté de créer de nouveaux réseaux de commercialisation que de s’adresser directement aux consommateurs pour dépoussiérer l’image des vins liquoreux. La success-story de l’Auberge des Vignes ou l’exemple des innovations touristiques du château Rayne Vigneau font des émules au sud de la Gironde. Les projets se bousculent : des travaux hôteliers des châteaux d’Arche et Lafaurie Peyraguey à la création d’une boutique au château d’Yquem (ouvert depuis 2016 aux visites de particuliers). Le seul échec dans le paysage sauternais aura été la tentative de marathon, qui a capoté en 2015 après cinq éditions (tandis que le succès de l’animation sportive Raisins d’Or ne se dément pas).

"Tout le monde a pris un risque..."

« Des investisseurs ont envie que les choses bougent à Sauternes » se réjouit Xavier Planty. Alors que les derniers travaux s’achèvent, le coût de la rénovation de la Chapelle Guiraud s’élève à 650 000 euros. « Ça ne tenait pas de l’évidence… Personne n’y croyait dans les banques ou parmi les associés » glisse Nicolas Lascombes. Possédant la Brasserie Bordelaise ou l’Hôtel de la Plage au Cap-Ferret, l’entrepreneur n’en est pourtant pas à sa première collaboration dans le monde du vin. Il exploite la Terrasse Rouge du château La Dominique (Saint-Émilion) et le 7 (au septième étage de la Cité du Vin). Mais « beaucoup de gens n’y croyaient pas. Et même ceux qui croient à Sauternes estiment que c’est déjà cuit. Qu’il n’y a rien ici, que c’est trop loin » rapporte Nicolas Lascombes.

« La destination est très facilement accessible depuis Bordeaux. On a beaucoup de retard, mais aussi des atouts et des projets » tempère Xavier Planty. De nature optimiste, il estime également que la crise commerciale que connaît Sauternes est « derrière nous. Avec le tonneau à 6 600 euros, on ne peut plus parler de crise. » Charge à l’œnotourisme d’inscrire cette embellie dans le temps.

 

* : Olivier Bernard, Robert Peugeot, Stephan von Neipperg et Xavier Planty sont les propriétaires du château Guiraud (premier cru classé en 1855 de Sauternes).

Pas que du bio au menu et pas que du Guiraud à la carte des vins

À 25 euros le menu du jour (le midi en semaine), la Chapelle Guiraud se veut aussi accessible que recherchée dans ses menus. Avant tout placés sous le signe de la gastronomie de proximité. « Nous cherchons les produits les plus locaux possible. On privilégiera le bio, mais on n’en fait pas une religion. Ce n’est pas parce que c’est bio, que c’est bon » souligne Nicolas Lascombes, le château Guiraud étant le premier premier cru classé en 1855 à avoir été certifié en bio.

À l’ouverture du restaurant, la carte des vins proposera 25 étiquettes au verre et 300 références en bouteille. L’objectif affiché est d’atteindre 500 références à terme, venant de tout le vignoble bordelais et au-delà. Mais en laissant une place forte aux Sauternes. « Les 26 grands crus classés en 1855 seront tous à la carte. Que tous mes voisins qui viennent puissent retrouver leurs vins. Sinon ce serait un manque de délicatesse » souligne Xavier Planty. Jouant à domicile, Guiraud sera cependant poussé en avant, avec un verre offert à chaque consommateur.

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