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Grands vins

La Bourgogne, challenger plus discret mais plus efficace que Bordeaux ?

Mercredi 10 janvier 2018 par Alexandre Abellan

Portée par les faibles volumes disponibles (qui plus est après une série de petits millésimes), la valorisation des vins de Bourgogne ne se dément pas.
Portée par les faibles volumes disponibles (qui plus est après une série de petits millésimes), la valorisation des vins de Bourgogne ne se dément pas. - crédit photo : WineLister
À l’heure de la campagne bourguignonne des primeurs 2016, le site Wine Lister remet les pendules à l’heure sur les vins ayant la cote en termes de valorisation et de popularité auprès du marché.

« Enfant chéri des collectionneurs de grands vins du monde entier. La Bourgogne est le point chaud par excellence du monde des grands vins. Et rien n’indique un potentiel refroidissement dans l’avenir proche » analyse Ella Lister, la PDG du site WineLister. Synthétisant des notes de dégustation et de notoriété commerciale, les algorithmes de la plate-forme anglaise annonce une « hausse du mercure » pour les grands vins bourguignons. Et les actuelles ventes en primeurs du millésime 2016 ne devraient pas démentir cette tendance. « Notre analyse confirme le tour de force réalisé par la Bourgogne dans de nombreux secteurs, de l’inarrêtable ascension des prix à l’afflux de popularité, en passant par les scores des meilleures cuvées, qui sont tout simplement les plus élevés de toute notre base de données » souligne Ella Lister.

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D’après la base de données WineLister, les prix moyens des cinq vins bourguignons les plus côtés, soit cinq cuvées du Domaine de la Romanée Conti (DRC), ont augmenté de 82 % sur les six dernières années (voir illustration). Elles ne sont talonnés que par les cinq plus grands vins du Piémont (+61 %), loin devant la Californie (+46 %) et la Toscane (+42 %). Les cinq premiers crus classés en 1855 du Médoc affichant une contre-performance de -11 %.

"Les prix n’ont pas baisse depuis… tant d’années"

Cette survalorisation se retrouve également sur les ventes aux enchères de l’an passé. En comparant à chaque fois les cinquante cuvées les plus cotées, on remarque que si les bourgognes représentent cinq fois moins de volumes adjugés que les bordeaux, la valeur bourguignonne totale représente les deux tiers des ventes girondines. « Il est incroyable que les prix n’aient pas baissé une seule fois depuis… tant d’années » confie à Wine Lister le responsable américain d’une maison de ventes aux enchères.

Étudiant plus globalement les statistiques de 175 grandes étiquettes bourguignonnes (de Coche-Dury à Rousseau, en passant par Comte Liger Belair et Jadot), WineLister souligne que le prix du Côte de Beaune Premier Cru blanc affiche la plus forte augmentation, ayant doublé en cinq ans. Alors que les hausses les plus « modestes » croissances sont réalisées par les Grands Crus blancs de la Côte de Beaune, avec une hausse de « seulement » 63 % sur la période.

Popularité

Si la Bourgogne affiche une performance inégalée en termes de valorisation, Bordeaux mène la danse en ce qui concerne la notoriété. Les recherches effectuées sur le site spécialisé Wine-Searcher montre ainsi que la cuvée La Romanée Conti cumule 61 % de recherches mensuelles en moins que le château Lafite. Cette attractivité des grands crus bordelais est cependant pondérée par la note de confiance donnée par les négociants. D’après un sondage réalisé auprès d’une cinquantaine de grands comptes dans le monde, seule DRC affiche une note de 10/10. Alors que « pas un seul château bordelais n’atteint un score supérieur à 9/10 » précise WineLister.

Cette forte confiance dans la durabilité (et la valorisation) des marques bourguignonnes ne se limite d’ailleurs pas aux cuvées les prestigieuses. Les négociants sondés soulignent que des appellations comme Fixin et Mercurey montent en réputation, et misent sur le développement de Saint-Aubin. « C’est un fait remarquable. Le niveau d’intérêt constaté en général s’applique aussi aux appellations les moins connues » témoigne ainsi un négociant britannique.

"Étoiles montantes"

Si le généreux millésime 2017 arrive comme un soulagement pour les metteurs en marché, ils se disent surtout confiants dans les nouveaux vignerons arrivant aux commandes. Les sondés saluent ainsi « l’avènement d'une nouvelle génération qui apporte avec elle une vision plus ouverte et une qualité accrue, avec aussi par exemple plus de pureté, moins de soufre, et plus de vinification en grappe entière » résume WineLister. Une approche toujours plus fine et sur-mesure qui devrait continuer de faire de la Bourgogne un vignoble chouchou. Qui ne connaît pas le moindre bashing malgré la hausse constante de ses prix, tant reproché à Bordeaux.

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