Aides bio

La Fnab dénonce le désengagement de l’Etat

Mercredi 13 décembre 2017 par Christelle Stef

de gauche à droite : Jean-François Vincent (éleveur bio dans le Centre-Val de Loire et président de Biocentre, Stéphanie Pageot (éleveuse bio en Pays de la Loire et présidente de la Fnab) Guillaume Riou (polyculteur-éleveur bio en Nouvelle-Aquitaine, membre du bureau de la Fnab)
de gauche à droite : Jean-François Vincent (éleveur bio dans le Centre-Val de Loire et président de Biocentre, Stéphanie Pageot (éleveuse bio en Pays de la Loire et présidente de la Fnab) Guillaume Riou (polyculteur-éleveur bio en Nouvelle-Aquitaine, membre du bureau de la Fnab) - crédit photo : CS
L’Etat a décidé de ne plus financer les aides au maintien en bio et a demandé aux régions de s’en charger. Et, pour ne rien arranger, l’enveloppe restant pour financer les conversions est insuffisante.

La Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab) est remontée. Elle ne digère pas le désengagement de l’Etat vis-à-vis du soutien à la bio. « Nos inquiétudes de l’été se confirment et s’aggravent », a déclaré Stéphanie Pageot, la présidente de la Fnab, le 13 décembre à Paris, lors d’une conférence de presse. En septembre, le ministère de l’agriculture a en effet annoncé qu’il ne mettrait plus la main à la poche pour cofinancer les aides au maintien à la bio. Et, il a transféré cette responsabilité aux régions. Mais la plupart de celles-ci sont déjà dans le rouge.

Sur-consommation des enveloppes

Cinq d’entre-elles (Grand Est, Centre, Paca, Nouvelle-Aquitaine, Bretagne) ont déjà consommé en totalité l’enveloppe bio qu’elles avaient prévu jusqu’en 2020. Et quatre d’entre elles l'ont déjà consommée à plus de 80 % (Auvergne-Rhône-Alpes, Haut-de-France, Pays de Loire et Occitanie).

Dans ces conditions, selon la Fnab, les aides au maintien seraient sacrifiées. Plus inquiétant encore pour la Fédération : les aides à la conversion seraient également menacées. « Les régions envisagent de passer les aides à la conversion à trois ans au lieu de cinq ans et de les restreindre à certaines productions », a expliqué Stéphanie Pageot.

Besoin de 418 millions d'euros

La Fnab a calculé que compte tenu de la dynamique des conversions actuelles, il faudrait un budget de 418 millions d’euros pour financer les aides publiques promises aux producteurs bio entre 2018 et 2020. La Fédération demande à Emmanuel Macron, le président de la République de clarifier l’origine des 200 millions d’euros qu’il a promis pour financer les services environnementaux et de les allouer en priorité à la bio.

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