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Californie

Cinq cépages résistants à la maladie de Pierce commercialisés en 2020

Lundi 04 décembre 2017 par Alexandre Abellan

Les cépages retenus présentant une importante diversité phénotypique dans leurs précocités, rendements… De gauche à droite les obtentions 09338-016, 09314-102, 09331-047, 07355-075 et 09356-23.
Les cépages retenus présentant une importante diversité phénotypique dans leurs précocités, rendements… De gauche à droite les obtentions 09338-016, 09314-102, 09331-047, 07355-075 et 09356-23. - crédit photo : UC Davis
Alors la maladie de quarantaine a été identifiée dans le vignoble des Baléares, les chercheurs américains finissent de tester de nouveaux cultivars présentant un gène de résistance et des profils organoleptiques intéressants.

« Actuellement, cinq cépages résistants à la maladie de Pierce ont été prélivrés pour multiplication en pépinières viticoles. Ces nouvelles variétés seront prêtes à la commercialisation pour l’été 2020 » annonce le professeur Andrew Walker (Université de Californie Davis). Une innovation variétale qui n’a pas manqué d’intéresser lors de la conférence européenne sur la bactérie Xylella fastidiosa. Se tenant du 13 au 15 novembre à Palma de Majorque, la réunion scientifique se trouvait à quelques kilomètres à peine des premières vignes européennes infectées par la maladie de Pierce.

Alors que l’infection bactérienne semble inéluctablement se rapprocher du vignoble français, les États-Unis ont donc développé une gamme de cépages résistants à Xylella fastidiosa. Il faut dire que la maladie de quarantaine y est un fléau viticole depuis la fin du XIXe siècle. Après des essais infructueux d’introgression de caractères de résistances à des cépages hybrides, l’UC Davis a isolé en 2006 un gène de résistance sur le chromosome 14 de la variété Vitis arizonica (présente au sud-ouest des États-Unis et au nord du Mexique).

"97 % Vitis vinifera"

Baptisé PdR1 (pour Pierce Disease Resistant), ce gène dominant a été suivi par marquage moléculaire dans un programme de création variétale reposant sur quatre séries de croisements avec des cépages de cuve. Affichant un génome à 97 % issu de Vitis vinifera, ces obtentions ont d’abord été sélectionnées sur leurs profils agronomiques et organoleptiques, souligne Andrew Walker. Ces nouveaux cépages ont ensuite été discriminés selon leur niveau de résistance à Xyllela fastidiosa.

Testés dans le vignoble californien depuis 2010, ces hybrides sont actuellement plantés sur 2 à 3 acres (parfois soumis à de fortes pressions en maladie de Pierce). De nouvelles plantations à l’échelle commerciale sont prévues en 2018, pour une commercialisation en 2020 des cinq variétés retenues pour leurs qualités et leur diversité*

Mildiou et oïdium

Au-delà du déploiement de ces cépages résistants à la maladie de Pierce, les équipes d’Andrew Walker prévoient de nouvelles obtentions. Les chercheurs californiens s’intéressent désormais à l’ajout de gènes résistants au mildiou et à l’oïdium à des individus portent PdR1. Le but étant de produire des variétés multirésistantes avec un haut niveau de génome issu de Vitis vinifera, ce nouveau programme s’annonce de longue haleine.

 

* : La diversité des Vitis vinifera utilisée dans ces croisements est forte. La variété 07355-075 descend à 50 % de la petite sirah (ou durif) et à 25 % du cabernet sauvignon. Les obtentions 09338-016 et 09314-102 sont liés à 62,5 % au cabernet sauvignon, à 12,5 % au carignan et à 12,5 % au chardonnay. Le cépage 09331-047 est apparenté à 50 % au zinfandel, à 25 % à la petite sirah et 12,5 % au cabernet sauvignon. Et la variété 09356-235 descend à à 50 % du sylvaner, à 12,5 % du cabernet sauvignon, du carignan et du chardonnay.

Et en France ?

Face à ces nouvelles variétés, la question de l’introgression de PdR1 dans les programmes français d’obtentions variétales résistantes au mildiou et à l’oïdium est-elle envisageable ? « S’il est possible d'accéder à cette ressource génétique, s'il y a une demande et qu'aucune autre réponse plus simple ne fonctionne, alors PdR1 pourrait être une source de résistance intéressante dans des programmes d'amélioration de la vigne prenant la suite des programmes français actuels (INRA-Resdur, UMT Géno-Vigne…) » estime Loïc Le Cunff, le spécialiste de la génétique viticole à l’Institut Français de la Vigne et du Vin.
 

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