Avis d'expert

La biodynamie vue, et expliquée, comme une science expérimentale

Mercredi 29 novembre 2017 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 01/12/2017 09:23:40

« Il ne faut pas travailler pendant les éclipses ou les nœuds des planètes » avertit Jacques Fourès, ce 28 novembre au parc des expositions de Montpellier.« Il ne faut pas travailler pendant les éclipses ou les nœuds des planètes » avertit Jacques Fourès, ce 28 novembre au parc des expositions de Montpellier. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Intriguante, la viticulture suivant les préceptes de Rudolf Steiner est moins ésotérique et plus empirique qu’elle n’en a l’air démontre le consultant Jacques Fourès, dans une conférence magistrale au Sitevi.

« Au départ, j’ai eu du mal à me mettre à la biodynamie. Ma formation scientifique m’a fait douter, mais j’ai été convaincu par les résultats » reconnaît le consultant bordelais Jacques Fourès, avec une simplicité qui a captivé la salle, comble, de la conférence Biofil, ce 28 novembre, à Montpellier. Face aux questions sur les explications des pratiques de dynamisation ou de prise en compte des astres, Jacques Fourès ne cache pas son ignorance sur les tenants et aboutissants expliquant leur efficacité. « Il y a 36 explications sur l’effet de la corne de vache sur les préparations 500 et 501*. Je ne sais pas laquelle est la bonne, mais l’essentiel, c’est que cela marche » pose-t-il.

Si les volets ésotériques de la biodynamie interpellent, ils ne sont pas dogmatiques mais empiriques pour Jacques Fourès : « la biodynamie est une agriculture expérimentale. Quand une technique marche, on l’adopte, sinon on l’abandonne. On ne sait pas pourquoi la corne marche, mais on n’a pas trouvé mieux » ajoute le consultant. Mais encore faut-il réaliser assez longtemps et correctement une pratique pour juger de son impact bénéfique. « La vigne demande du temps. Il faut trois ans pour voir l’augmentation de vigueur de la taille à la lune descendante. Ou au contraire la baisse de force de la vigne sur une lune montante » explique l’actif retraité.

Tisanes et huiles essentielles

En ce qui concerne la protection du vignoble, la limitation par Demeter des doses de cuivre métal à une moyenne quinquennale de 3 kilos par hectare et par an a inévitablement suscité des interrogations dans la salle. Soulignant que des dérogations peuvent être mises en place en cas de fortes pressions, Jacques Fourès explique que la question sanitaire doit être élargie : « avant de se retrouver avec une maladie à contrer, il faut préserver les équilibres de la plante et stimuler ses défenses naturelles par des actions médicinales. » Soit l’utilisation de tisanes, voire d’huiles essentielles.

Mais « il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. L’approche de la biodynamie doit être progressive. Au départ c’est une contrainte, ensuite cela vient tout seul » conclut Jacques Fourès.

 

* : Soit une corne de bouse de vache et une corne de silice.
 

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