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Agresseurs du futur

Punaise diabolique, la bombe à retardement

Mardi 14 novembre 2017 par Christophe Reibel

La punaise diabolique pourrait être présente d'ici deux à trois ans dans le vignoble européen, prévoit centre technique LTZ Augustenberg.
La punaise diabolique pourrait être présente d'ici deux à trois ans dans le vignoble européen, prévoit centre technique LTZ Augustenberg. - crédit photo : Inra
Le colloque transfrontalier sur les bioagresseurs invasifs du 9 novembre à Sainte-Croix-en-Plaine (Haut-Rhin) a mis en garde contre la menace potentielle pour la vigne de la punaise diabolique, Halyomorpha halys.

« Le risque potentiel d’invasion d’Halyomorpha halys est élevé » signalait l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) en 2014. Cette alerte a toutes les chances de concerner un jour, peut-être d’ici deux à trois ans, les premiers vignobles européens si l’on écoute Olaf Zimmermann, du centre technique LTZ Augustenberg en Allemagne. « Le raisin agit comme un aimant sur ces hémiptères. Ils s’agglutinent sur les grappes. Les dégâts qu’ils font en se nourrissant peuvent atteindre 100 % » a-t-il constaté sur des cas d’attaques encore isolées près de la frontière germano-suisse.

Cinq à dix ans pour s’établir

Le vignoble n’est pas encore atteint. Pour la bonne et simple raison que la punaise en provenance d’Asie qui a atterri en Europe à Zurich en 2007, se propage avec les transports le long des principaux axes de circulation. C’est pourquoi, l’insecte piqueur-suceur a surtout été repéré en bordure de route, dans les milieux… urbains en Allemagne et en France, à Strasbourg en 2012, ainsi que dans une bande allant des Alpes maritimes aux Landes en 2015/2016. Cette dynamique de progression est importante bien qu’il ne connaisse qu’une génération par an. « Il lui faut entre cinq et dix ans pour s’établir. Il est très difficile à identifier » précise Olaf Zimmermann. Halyomorpha halys est notamment reconnaissable à l’absence pointe au milieu de son ventre, aux trois à cinq tâches claires situées à l’intersection des ailes. Ces dernières sont striées et non maculées.

Lutter contre la punaise diabolique s’annonce compliqué. Plus de 300 plantes hôtes (fruitiers, arbres d’ornement et forestiers, vigne, maïs, soja…) peuvent l’héberger et l’espèce en change régulièrement. Elle se réfugie fréquemment dans les habitations. Elle se nourrit autant de fruits, de légumes que de plantes ornementales. Une femelle peut pondre jusqu’à 150 œufs durant l’été sur la face inférieure des feuilles. Les larves donnent naissance à des adultes capables d’hiverner. Halyomorpha halys ne connaît aucun prédateur naturel. Les espoirs de lutte reposent sur Trissolcus japonicus, une mini-guêpe capable de parasiter ses œufs

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