Rythme annuel

Vinexpo avance les dates de Bordeaux 2019 et s’essaie à Paris en 2020

Mardi 31 octobre 2017 par Alexandre Abellan

Estimant que « Vinexpo Bordeaux n’est plus un salon cher », Guillaume Deglise (à gauche) reconnaît que Vinexpo Paris devrait afficher des tarifs plus élevés. Le travail de politique tarifaire restant à finaliser précise Patrick Seguin (à droite).Estimant que « Vinexpo Bordeaux n’est plus un salon cher », Guillaume Deglise (à gauche) reconnaît que Vinexpo Paris devrait afficher des tarifs plus élevés. Le travail de politique tarifaire restant à finaliser précise Patrick Seguin (à droite). - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Révisant de fond en comble sa stratégie commerciale, le salon professionnel a l’ambition de résoudre ses faiblesses d’attractivité tout en se positionnant pour étouffer la concurrence croissante

La nouvelle va autant faire sensation que grincer des dents : Vinexpo rebat énergiquement le calendrier des salons professionnels de mise en marché des vins et spiritueux en étant désormais présent tous les ans en France. Sa prochaine édition à Bordeaux se tiendra du 13 au 16 mai 2019. Soit un mois plus tôt qu’à l’accoutumée précise Guillaume Deglise, le directeur général du salon, lors d’une conférence de presse, ce 31 octobre à Bordeaux. Ce changement de date est surtout accompagné d’une nouvelle installation à Paris, du 13 au 15 janvier 2020 aux Portes de Versailles (dans le nouveau hall 7). « Le positionnement est décisif. Nous serons le premier évènement du calendrier des vins et spiritueux » annonce Guillaume Deglise. Qui souligne que Vinexpo passe ainsi à un rythme de présence annuel en France.

« Au lancement en 1980 du salon Vinexpo à Bordeaux, nous étions les seuls, les meilleurs, les plus beaux… Maintenant, nous sommes rentrées dans une ère de concurrence internationale qui nous fait perdre de la clientèle » pose sans langue de bois Patrick Seguin, le président de la CCI Bordeaux Gironde (qui possède 96 % du salon Vinexpo). « Dans les prochaines années, le monde des salons va se bouleverser et se régulariser naturellement » glisse-t-il, reconnaissant qu’en prenant le plus de place aujourd’hui, Vinexpo se positionne au mieux pour l’avenir.

Pas de concurrence avec les primeurs

Pour la première fois évoqué lors du torride Vinexpo 2017, le changement de date du salon bordelais a été voté en assemblée générale de la CCI de Bordeaux ce 30 octobre. Ce décalage d’un mois aura demandé bien des négociations pour calmer les craintes de la place Bordeaux, qui ne souhaitait pas que le salon rentre en concurrence avec son près carré des primeurs (la présentation en avril des vins en élevage du millésime précédent). Coupant la poire en deux, cette décision devrait décevoir ceux qui espéraient des dates encore plus précoces du salon, pour être au cœur des campagnes d’achat. Répondant à une critique récurrente des exposants et visiteurs, ce changement de date s’inscrit dans une refonte plus globale du salon bordelais.

« Nous conservons Vinexpo Bordeaux comme vaisseau amiral. L’objectif est d’en faire la référence des salons des vins et spiritueux. C’est un évènement exceptionnel au cœur des vignobles, plus axé sur le réceptif » souligne Patrick Seguin. Encore à l’état d’incantation, le travail de positionnement premium reste à faire. De la rédaction du cahier des charges à sa mise en œuvre par les collectivités locales. L’enjeu étant d’enrayer la perte d’exposants et de visiteurs de Vinexpo, qui a accueilli 40 500 visiteurs pour 2 300 exposants sur les quatre jours du salon 2017
(respectivement -11 et -2 % par rapport à l’édition 2015). « Depuis la crise de 2008, le salon est plutôt en stagnation » atténue Guillaume Deglise, qui porte la stratégie de conquête de Vinexpo.

"Cibler les spiritueux et vignobles septentrionaux"

Dans le plan stratégique de Vinexpo, l’installation à Paris est vue comme une possibilité de se défaire de l’image, pour ne pas dire l’orgueil, bordelais qui lui colle à la peau. « Paris est un gage de neutralité. C’est aussi l’occasion de cibler d’autres exposants, des spiritueux et des vignobles septentrionaux » estime Patrick Seguin. Toute ressemblance avec la stratégie d’un salon existant n’est pas fortuite, l’initiative Vinovision répondant justement à la volonté des vignobles de Bourgogne, Champagne ou Loire de jouer front commun à la capitale. Une confrontation entre les deux évènements semble d’ailleurs inévitable, les deux se tenant au début de l’année et à la porte de Versailles (la prochaine édition de Vinovision aura lieu du 12 au 14 février à la porte de Versailles).

« Vinexpo se doit d’être présent tous les ans en France » balaie Guillaume Deglise. Qui préfère se placer dans une logique d’attraction des acheteurs du nord de l’Europe, et donc de concurrence directe avec le leader du secteur : le salon Prowein (qui a réuni 58 500 visiteurs pour 6 400 exposants en mars dernier, +6 et +3 %). « L’Europe concentre toujours 60 % de la consommation mondiale de vin » souligne-t-il.

Quatre évènements en 2018

Alors que les professionnels du vin ne cessent de se plaindre de la multiplication des salons, Vinexpo annonce un agenda chargé. Son prochain rendez-vous aura lieu à New York, avec un premier salon les 5 et 6 mars 2018. Direction ensuite Hong-Kong, pour une vingtième édition anniversaire, du 29 au 31 mai, puis la Californie avec Vinexpo Explorer (20 au 25 septembre 2018), et enfin Vinexpo Tokyo les 16 au 17 octobre.

« Vinexpo n’est pas en crise »

Économiquement, « l’entreprise va bien. Ces initiatives se placent en supplément de notre stratégie de conquête » désamorce Guillaume Deglise, précisant que tous les salons de Vinexpo sont bénéficiaires. Sans chiffrer cette affirmation, il précise cependant les chiffres d’affaires de Vinexpo Bordeaux (16 millions d’euros) et de Hong Kong (moins de 10 millions €).

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VOS RÉACTIONS
PCA Le 01 novembre 2017 à 18:44:29
il faut appeler un chat un chat !! C'est 'Chronique pour une mort annoncée' du salon Vinexpo à Bordeaux. Cela prendra quelques années mais l'édition bordelaise est donc appelée à disparaître. Il faut avoir le courage de le dire !
AV Le 31 octobre 2017 à 12:58:38
Ca va etre sympa 2019 et 2020 avec quasiment un salon professionnel du vin tous les 7-10 jours rien qu'en France ... Est ce que ces organisateurs ont posé la question aux intéressés ainsi qu'aux visiteurs? La plupart des acheteurs ne pourrons pas tout faire : financement des deplacements notamment, et pendant qu'ils sont en déplacement, qui va faire tourner leur entreprise... en d'autres termes on va avoir Vinexpo, puis Millésime Bio, puis le salon des vins de Loire, Vinisud, Vinovision... en un mois et demi... et j'en ai certainement oublié... A quand un salon pro a Noel à cette allure là
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