Rencontre au sommet

Ce qui sera demandé au ministre de l’Agriculture

Jeudi 28 septembre 2017 par Marion Sepeau Ivaldi

Au ministère de l'agriculture, les représentants professionnels feront un vaste tour des dossiers en cours : soutien aux viticulteurs en difficultés, OCM, assurance récolte, tire-bouchon...
Au ministère de l'agriculture, les représentants professionnels feront un vaste tour des dossiers en cours : soutien aux viticulteurs en difficultés, OCM, assurance récolte, tire-bouchon... - crédit photo : wikimedia commons
Ce 28 septembre, les représentants de la filière viticole ont rendez-vous avec le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert. Ajournée une fois, la réunion est très attendue.

C’est un rendez-vous traditionnel. Alors que les vendanges touchent à leur fin, les représentants de la production montent rue de Varenne pour dresser un point économique et présenter leurs attentes politiques. Cette année, la rencontre est teintée d’une inquiétude économique doublée d'une forte irritation suite à la publicité du Tire-bouchon qui n'a pas du tout été appréciée de la filière. 

Mais la question économique concentrera sans doute l'essentiel des demandes. Après plusieurs de petites récoltes dans certaines régions, l’équilibre financier de domaines est plus que menacé. Et Jérôme Despey, vice-président de la FNSEA, a peaufiné sa liste de mesures destinées à faire face à la situation. « Nous demandons une exonération de la TFNB, réclamée depuis des mois et sur laquelle nous n’avons toujours pas de réponses. Nous demandons également une prise en charge des charges sociales. Sur ce point, nous savons que les crédits sont déjà pré-affectés pour financer l’influenza aviaire, la baisse de récolte en grandes-cultures et la crise du lait. C’est pourquoi nous demandons l’ouverture d’une ligne budgétaire dans la loi de finance 2018, consacrée à la viticulture » énonce Jérôme Despey. Ce dernier souhaiterait également un accès au fonds d'allégement des charges et un accès facilité aux prêts à taux zéro pour les viticulteurs en difficulté. Il ne manquera pas de rappeler ses attentes en matière d’assurance récolte et de paiement de l’État. « Elle doit être payée l’année de mise en œuvre de l’assurance. Le ministre ne peut pas écarter le sujet en prétextant qu’il n’en a pas la responsabilité. C’est à lui d’exiger le paiement en temps et en heure ! » martèle Jérôme Despey, qui glisse que sa remarque est également valable pour les MAEC et les aides en bio.

Florilèges de dossier

Le retard du paiement de l’assurance et l’évolution du système d’assurance feront aussi partie de ce que Xavier Desouche, président de la section viticole de la Coordination Rurale, glissera à l’oreille du ministre. Il souhaite également aborder les sujets européens. « il s’agit de défendre le maintien de l’OCM » indique-t-il. Il propose également de modifier les règles d’attribution des aides à la promotion, jugées trop gourmandes en justificatifs administratifs pour que les petites structures puissent en bénéficier. Xavier Desouche veut aussi inviter le ministre à se mobiliser sur la question des autorisations de plantation. « Il est prévu une clause de révision en 2023 sur les autorisations de plantation : c’est demain ! » alerte celui qui insiste sur les bienfaits d’un système de régulation pour protéger le revenu des viticulteurs. Le président veut également intervenir sur les EPI et le projet de généraliser leur port ainsi que sur les importations espagnoles. « On aimerait avoir davantage de transparence sur les chiffres du négoce : les volumes qui rentrent, où, quand et à quel prix. En l’état, l’opacité nous contraint à ne pas pouvoir agir ».

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