Désherbage

Quelles conséquences techniques en absence de glyphosate ?

Mercredi 13 septembre 2017 par Juliette Cassagnes

Le liseron est une plante vivace dont le contrôle est difficile.
Le liseron est une plante vivace dont le contrôle est difficile. - crédit photo : Creative Commons CC0
Nicolas Hulot, le nouveau ministre de la transition écologique, a récemment précisé que la France voterait contre la proposition de la commission Europeenne de ré-autoriser pour 10 ans le glyphosate. Une telle décision aurait des conséquences importante pour la viticulture.

Un nouveau vote au niveau européen, statuant sur le sort du glyphosate, est prévu le 4 octobre prochain, lors d'un comité d'experts durant lequel les pays donneront leur position. Si une majorité qualifiée d'états membres sont défavorables au renouvellement de la licence de la matière active, qui expire fin 2017, il sera alors interdit d'usage.

Pas d'équivalent

Les conséquences pour la viticulture seraient alors lourdes, l'herbicide étant très utilisé et jugé essentiel par bon nombre de professionnels, notamment pour le désherbage sous le rang. D'une façon générale, cet herbicide n'a pas d'équivalent sur le marché : « Il n'existe pas d'autres solutions chimiques en mesure d'être efficaces pour détruire le couvert végétal, souvent très développé en sortie d'hiver », explique Éric Chantelot, directeur du pôle Rhône Méditerranée de l'IFV et expert national Ecophyto. Il présente, par ailleurs, l'avantage de parvenir à contrôler l'expansion des vivaces, type chiendent ou liseron.

L'alternative : le désherbage mécanique

Une alternative, « la seule », selon Eric Chantelot, serait de passer au désherbage mécanique inter-ceps grâce à une ou deux interventions selon les cas, suivies d'une application d'un herbicide pour empêcher la sortie de nouvelles adventices. Mais cette solution présente plusieurs difficultés, listées par l'expert : « la capacité technique à intervenir au bon moment vis-à-vis de l'état du sol », « la technicité pour éviter des dégâts au niveau des pieds » et enfin « l'impossibilité de réaliser ce type d'intervention dans certains vignobles tels que ceux à forte pente ». Cette solution entraînerait, par ailleurs, une hausse importante des temps de travaux et du coût de main-d'œuvre, sans compter celui lié à l'acquisition du matériel de travail du sol que de nombreux vignerons n'ont pas.

La proposition de la Commission de vouloir à nouveau autoriser la substance fait suite aux conclusions de deux agences, l'EFSA et l'ECHA, qui stipulaient qu'elle ne présentait pas de risque vis-à-vis du cancer. Le Centre international de recherche sur le cancer estime quant à lui le contraire. « La possible non-inscription à l'annexe 1 repose sur des études scientifiques qui ne sont pas reconnues unanimement par la communauté scientifique», commente prudemment Éric Chantelot.

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