Champagne

Mobilisation générale pour la qualité de l’eau

Jeudi 06 juillet 2017 par Aude Lutun
Article mis à jour le 07/07/2017 10:10:55

Vincent Perrin, directeur du Comité Champagne, appelle à la mobilisation pour diminuer l’usage des intrants. Point positif souligné, la Champagne n’utilise pratiquement plus d’insecticides.
Vincent Perrin, directeur du Comité Champagne, appelle à la mobilisation pour diminuer l’usage des intrants. Point positif souligné, la Champagne n’utilise pratiquement plus d’insecticides. - crédit photo : DR
L’interprofession continue d’accompagner la filière à diminuer l’usage des intrants pour que tous les captages d’eau retrouvent un niveau conforme.

« La qualité de l’eau est notre grand enjeu depuis quinze ans, rappelle Vincent Perrin, directeur du Comité Champagne. L’interprofession joue son rôle d’interface pour faire progresser l’ensemble des acteurs de la filière. Il nous faut passer à la vitesse supérieure ». Avec 30 à 35 % des captages qui ont des résultats insatisfaisants (source Agence de l’Eau), le vignoble champenois s’attelle à réduire l’usage des intrants et s’inscrit dans le plan Ecophyto II, adopté en octobre 2015. Ce plan vise à réduire de 25 % l’usage des produits phytosanitaires d’ici 2020 et de 50 % d’ici 2025.

Les IFT ont baissé de 25 % entre 2006 et 2015 

Arnaud Descotes, directeur technique et environnement du Comité Champagne, a dressé un rapide état des lieux des avancées constatées dans le vignoble depuis 2004-2005. « C’est sur les insecticides que les résultats sont les plus spectaculaires, commente-t-il. Nous n’en utilisons presque plus grâce, entre autres, à la confusion sexuelle. Les IFT ont baissé de 25 % entre 2006 et 2015 et le parc des pulvérisateurs a été très largement rénové ce qui limite les risques de dérive. 90 % des vignerons ont une cuve embarquée pour rincer à la parcelle, contre 4 % en 1999. Enfin, l’enherbement est passé de 7 % en 2005 à 29 % en 2014 ». Plusieurs professionnels ont partagé leur expérience, à commencer par Eric Rodez, viticulteur bio à Ambonnay (Marne). « La filière utilise encore trop de produits phyto, mais tous les vignerons ont mis en place des démarches de progrès, note-t-il. Il y a 20 ans, il y avait 4 à 5000 m3 de limons en bas des vignes à Ambonnay. Maintenant, nous n’avons plus que 500 m3, ce qui témoigne du travail fait en amont. Autre exemple positif, nous mettons en place des chemins carrossables qui infiltrent l’eau ».

Romain Leguillou, responsable du vignoble de Veuve Clicquot (375 ha) – une maison référence en matière d’enherbement -  a fait le bilan de la démarche débutée en 2005. « Nous sommes satisfaits de notre choix mais la transition vers l’enherbement n’est pas si simple à réaliser, précise-t-il. Dix années après, nous apprenons encore. Nous avons dû acquérir une dizaine d’outils différents pour pouvoir travailler le sol, et les conditions de travail sont plus compliquées. L’équilibre entre l’environnement, le social et l’économique est à arbitrer tout le temps ».

Xavier Muller, président de la coopérative Mailly Grand Cru, a exposé le travail de réduction des intrants opéré dans sa coopérative. Deux groupes de vignerons ont été créés en 2014 selon le niveau d’avancement en viticulture durable. En deux campagnes, grâce à un accompagnement extérieur et de fréquentes réunions sur les parcelles, le premier groupe a réduit de 50 % sa consommation d’intrants.

Le Comité Champagne, de son côté, poursuit sa collaboration à la mise au point de robot permettant le désherbage et ses essais de produits de biocontrôle. L’extrait fermenté d’ortie naturelle, produit dans la Marne, a ainsi été testé contre le mildiou sur quatre parcelles en 2016 et sur huit parcelles cette année.

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