À l’aveugle

3 millions € pour passer le gel en Nouvelle-Aquitaine

Mardi 23 mai 2017 par Alexandre Abellan

« Trois millions d’euros vont être mis à disposition pour les coups durs » annonce Jean-Pierre Raynaud, ce 22 mai, lors du Salon de l’Agriculture qui se tient en marge de la Foire de Bordeaux.
« Trois millions d’euros vont être mis à disposition pour les coups durs » annonce Jean-Pierre Raynaud, ce 22 mai, lors du Salon de l’Agriculture qui se tient en marge de la Foire de Bordeaux. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Sans avoir une idée de la hauteur des dégâts, ni des moyens concrets d’aides aux exploitations, la région annonce bloquer un premier budget dédié aux urgences, notamment viticoles.

Trois semaines après le gel printanier qui a ravagé les vignobles de Bordeaux et de Cognac, « il n’y a pas de chiffres sérieux sur les dégâts*. Nous n’avons donc pas connaissance du montant de dégâts qui pourra être accompagné » reconnaît Jean-Pierre Raynaud, le vice-président pour l'agriculture de la Nouvelle-Aquitaine. Ce qui n’empêche pas la région d’annoncer une enveloppe de trois millions d’euros, « qui pourra être complétée », pour « être prêt à répondre en urgence aux besoins » de son vignoble et de ses autres filières agricoles touchées (notamment le maraîchage).

Budget supplémentaire devant être voté en juin, cette enveloppe sera utilisée en accord avec les interprofessions touchées explique Jean-Pierre Raynaud. « Aujourd’hui il n’y a pas de demandes, mais nous pourrons répondre aux urgences » ajoute l’élu, qui prévoit cependant en fin d'année des aides pour soutenir les travaux viticoles.

"L’argent ne tombe pas du ciel…"

À Bordeaux, « le vignoble accueille cette annonce avec ouverture. Nous savons que ce ne sera jamais suffisant face aux difficultés, mais si cela peut permettre d’adoucir la brutalité du choc… » analyse le viticulteur Bernard Farges, qui préside le syndicat des Bordeaux et Bordeaux Supérieur. Suite à des réunions avec le ministère de l’Agriculture, il évoque la possibilité pour les pouvoirs publics d’aider le vignoble via l’utilisation du pacte de consolidation et de refinancement des exploitations. Actuellement taillé pour l’élevage, ce dispositif pourrait permettre au vignoble d’avoir une garantie de la Banque Publique d’Investissement pour accéder à des prêts bancaires qui s’annoncent difficiles à obtenir à moyen terme.

« Il va y avoir des situations difficiles avec des domaines gravement gelés, qui n’ont pas de stocks pas de Volume Complémentaire Individuel et pas d’assurances » prévient le vigneron. « Pour ne plus être obligé d’être le pompier qui arrive après les catastrophes, il faut mettre en place des dispositifs de prévention du gel » conclut Jean-Pierre Raynaud.

 

* : À Cognac, on évoque 25 000 hectares de vigne touchés à 80 % en moyenne. À Bordeaux, on parle de plus de 50 % du vignoble touché, voire 60 % des surfaces, à des degrés divers.
 

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