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Vrac 2016

Les vins de France avec cépages et marchés, mais sans élan

Jeudi 13 avril 2017 par Alexandre Abellan

En mars, le cours des vins de France merlot est tombé de 18 %, à 65 €/hl. Celui de cabernet sauvignon est en repli de 14 %, à 64 €/hl.
En mars, le cours des vins de France merlot est tombé de 18 %, à 65 €/hl. Celui de cabernet sauvignon est en repli de 14 %, à 64 €/hl. - crédit photo : DR
Entre contrecoups de la petite récolte et des disponibilités bordelaises, la campagne est poussive pour les Vins Sans Indication Géographique dont les cours s’effritent et posent des enjeux stratégiques.

Sur les huit premiers mois de la campagne 2016-2017, les vins de France rouge avec mention de cépage affichent un net repli de leurs volumes contractualisés en rouge. Avec 252 000 hectolitres, la chute est de 25 % par rapport à la fin mars 2016. Si cette chute n’est pas inattendue, petite récolte oblige le Languedoc se mobilise sur les IGP*, le repli des cours est moins intuitif. Malgré les plus faibles disponibilités globales, le prix moyen du vin de France rouge avec mention de cépage est sur la campagne de 78,50 €/hl (-5 % sur un an). Un paradoxe qui serait lié à la bonne vendange bordelaise selon plusieurs opérateurs spécialisés en vin de France.

« Au début de la campagne, les prix étaient fermes, à 75-80 €/hl. Mais Bordeaux a commencé son déstockage de merlot… Et les prix se sont maintenant effondrés à 55 €/hl » tranche Louis Servat, le président du Syndicat Régional des Courtiers en Vins et Spiritueux du Languedoc Roussillon. Une théorie rejetée par une pointure du marché girondin : « la situation n’a rien à voir avec le millésime 2011. Notre récolte est la seule excuse qu’ils se trouvent… C’est peut-être l’argument que leur donne le négoce languedocien, mais il y a plus de déstabilisations du marché par les vins espagnols que ceux bordelais. » Les statistiques de FranceAgriMer sont cependant implacables, le vignoble aquitain a vu ses contractualisations de vins de France rouges bondir de 89 %, à 67 000 hl sur la campagne.

"Nous ne voulons plus d'un vin de France par défaut"

Mais au-delà de l’effet millésime, le marché des vins de France avec mention de cépage pâtit d’un désintérêt stratégique plus global de la filière, malgré l’existence d’une demande (notamment en CHR, centralisant les deux tiers de la commercialisation de la gamme). « Le marché non alimenté part des petites récoltes, mais aussi de la structure de l'offre souhaitée par les producteurs (remplissage de la déclaration de récolte par le haut et absence de vignobles dédiés) » tacle le négociant Bruno Kessler, le président de l’Association Francaise des Éleveurs Embouteilleurs et Distributeurs de Vins et Spiritueux.

« Le négoce souhaite reprendre les parts de marché perdues. Le temps joue contre la filière française. Mais on constate que les lignes bougent. Dans la crise comme d’habitude » soupire-t-il. Et de conclure par une série d’engagements : « oui, il y aura des volumes de vin de France tous les ans. Oui, il sera à un prix adapté au marché, nous ne souhaitons pas que ce prix soit identique au prix espagnol. Car nous pensons que l'image France a une vraie valeur. Nous souhaitons reprendre 2 millions d'hectolitres sur les 8 importés, dont 5 de VSIG en provenance d'Espagne. Oui, transitoirement nous allons gérer des volumes dédiés, fléchés, sécurisés. Oui la production va mettre en place des vignobles écoresponsables dédiés. »

 

* : Sur la campagne, les volumes de vins de France rouge contractualisés par le Languedoc sont en repli de 45 %, à 101 000

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