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Attentisme en vrac

Les Côtes-du-Rhône rouges en rase campagne

Mardi 11 avril 2017 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 13/04/2017 13:00:45

Généreuse et qualitative, la vendange 2016 a tout pour s’arracher, en théorie.
Généreuse et qualitative, la vendange 2016 a tout pour s’arracher, en théorie. - crédit photo : Maison Raphaël Michel
La pression monte avec des sorties serrées et des cours s’érodant, alors que le millésime 2016 présente paradoxalement des qualités indéniables. Pour la production rhodanienne, le négoce joue la montre.

Salué unanimement par la filière rhodanienne, le millésime 2016 ne crée par d’engouement commercial en vrac. « Les négociants ont tendance à jouer sur la trésorerie des petites propriétés. Si on s’entête, les belles qualités vont se vendre à des prix dérisoires » enrage le vigneron Nicolas Issartier, du domaine des Andrines (36 hectares à Domazan). Commercialisant 70 % de ses vins en vrac, le vigneron gardois témoigne d’un marché au ralenti pour les Côtes-du-Rhône rouges. « En termes de ventes, le marché a du mal à démarrer. En fait, je ne saurais même pas dire s’il a démarré ! » s’exclame-t-il.

Selon les statistiques de l’interprofession rhodanienne, 531 000 hectolitres d’AOC du millésime 2016 ont été échangés, en conventionnel, à la fin mars 2017. Soit un repli de 18 % des volumes depuis le début de campagne. Si le marché est particulièrement mou, il reste sain selon le courtier Christophe Pasta (établissements Ferragut). « Il y a eu une activité soutenue au début de la campagne, pour le négoce de marques, afin de couvrir les meilleures qualités, concentrées et structurées (à 140-160 €/hl). Depuis, les difficultés se font sentir pour les vins d’entrée et de cœur de gamme, fruités et thermovinifiés (125-135 /hl) » détaille-t-il.


139,6 €/hl

Sur les huit premiers mois de la campagne, le cours moyen de l’hectolitre de Côtes-du-Rhône rouge s’est tassé à 139,60 euros. Soit une baisse de 2 % par rapport à la campagne 2015-2016. Un repli qui devrait cependant s’accentuer, sous l’effet de l’attentisme du négoce. La situation n’étonne pas Christophe Pasta, qui y voit l’effet d’un climat économique défavorable*, alors que les metteurs en marché ont moins de besoins de couverture (du fait de disponibilités et de stocks normaux). « On a un millésime exceptionnel en qualité, le négoce prend le temps de choisir. Et attend les commandes de la grande distribution, qui les passe au dernier moment pour espérer une baisse des prix » explique le courtier.

Mais arriver au mois d’avril sans avoir signé inquiète logiquement dans les caveaux. Les craintes de délais de retiraison et les besoins de trésorerie grandissent presque plus vite que les bourgeons. S’il est encore tôt pour prédire un déstockage au rabais avant les vendanges, la situation est préoccupante. « On garde l’espoir que cela reparte, mais la crainte est à une chute libre. Avec des cours non justifiés par rapport à la qualité de notre travail » conclut amèrement Nicolas Issartier.

 

* : Certains fatalistes notent même que les années à élections présidentielles, le marché est toujours, et inévitablement, mou.

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