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Hubert de Boüard

« Bordeaux peut être ambitieux pour ces primeurs, mais pas perdre la tête ! »

Mercredi 29 mars 2017 par Alexandre Abellan

« À quelques exceptions prêts, les propriétés ont non seulement récolté des raisins de qualité, mais aussi en quantité. Dans les entreprises, on a le sourire ! » glisse Hubert de Boüard.
« À quelques exceptions prêts, les propriétés ont non seulement récolté des raisins de qualité, mais aussi en quantité. Dans les entreprises, on a le sourire ! » glisse Hubert de Boüard. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
À l’ouverture des primeurs 2016, les conditions sont réunies pour repositionner Bordeaux sur le marché, pour autant que les prix restent raisonnables analyse le consultant et copropriétaire du château Angélus.

« Ça ne m’intéresse pas de me demander si 2016 est le meilleur millésime de Bordeaux… Ce qui est sûr, c’est qu’il comptera parmi les plus grands » estime, tout en nuances, Hubert de Boüard. Suivant 80 propriétés, le consultant désamorce le jeu, très bordelais, d’attribution du titre de millésime du siècle. À l’heure des premières dégustations en primeur, cette relative prudence se semble généralisée. Sans qu’il s’agisse pour autant d’humilité. Les propriétaires bordelais semblent plutôt se placer dans une attente aussi discrète que stratégique des dégustateurs en primeurs. Que ces derniers soient convaincus d’eux-mêmes par le potentiel des vins 2016 en cours d’élevage, sans être échaudés par un a priori sur la prétention girondine.

Car tout l’enjeu des primeurs à venir est de mettre en lumière les qualités des vins 2016. Qu’ils ne soient pas éclipsés par une indifférence suivant l’enthousiasme de la présentation des 2015. Comme les 2010 avaient pâti des 2009. Les signaux d’alerte ne manquent pas, l’engouement pour 2016 semble déjà moindre que son prédécesseur. Qui avait été encensé dès les vendanges par la presse anglo-saxonne. Face à ce relatif attentisme, Hubert de Boüard note qu’« il est assez rare que deux grands millésimes se suivent. Certains doivent se dire que les Bordelais ne vont quand même pas leur faire le coup deux fois de suite… »

"Le millésime est organisé sur la maturité et tendu par l’acidité"

La qualité globale du millésime devrait dissiper ces frilosités espère-t-on dans les chais girondins. D’autant plus que dans les premiers assemblages, « on a de la maturité et de l’acidité. C’est suffisamment rare pour être souligné ! » s’enthousiasme Hubert de Boüard. Ce qui dessine des vins particulièrement appétant pour le consommateur, avec un degré alcoolique raisonnable qui rend le millésime « buvable et énergisant » résume le copropriétaire du château Angélus (grand cru classé A de Saint-Émilion). Une dynamique communicative qu’il espère retrouver in fine dans les marchés, Hubert de Boüard étant persuadé qu’après le Bordeaux bashing, l’heure est venue pour la place de reprendre ses positions.

« On a une occasion unique de reconquérir nos marchés et se repositionner » résume-t-il, s’appuyant sur la parité favorable euro/dollar et la certitude que le marché anglais sera présent grâce à la qualité du millésime. « Comme au foot, ce n’est pas tous les jours que l’on a la balle ! Il faut avoir de l’ambition pour marquer, mais cela ne veut pas dire faire n’importe quoi. Et perdre la tête » lâche-t-il. Renvoyant dos à dos les metteurs en marché appelant à un maintien des prix et les propriétaires envisageant de les faire flamber : « à ceux qui disent que les grands Bordeaux sont trop chers, qu’ils aillent d’abord voir le prix des vins californiens ! Il faut trouver la raison dans la valorisation du millésime. Pour ne pas faire éclater les marchés qui sont prêts à la reconquête. »

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