LE FIL
Vous devez être connecté pour selectionner cet article dans vos contenus sauvegardés.
x

Inquiétude et exaspération

Les vignerons du Gard sont remontés à bloc

Mercredi 22 mars 2017 par Michèle Trévoux

Quelques 200 viticulteurs, toutes générations confondues, se sont pressés à l'assemblée générale du syndicat des vignerons du Gard.
Quelques 200 viticulteurs, toutes générations confondues, se sont pressés à l'assemblée générale du syndicat des vignerons du Gard. - crédit photo : Syndicat des vignerons du Gard
Lors de sa première AG ce lundi à Nîmes, le Syndicat des Vignerons Gardois a annoncé un programme d’actions musclées. Il a été largement soutenu par une foule de vignerons exaspérés.

Il y avait foule ce lundi 20 mars à la première assemblée générale du Syndicat des Vignerons Gardois. Quelques 200 viticulteurs, toutes générations confondues, se sont pressés dans la salle trop petite, mise à disposition par la Chambre d’agriculture. Une affluence qui témoigne de l’inquiétude et de l’exaspération de la profession face à la dégradation du marché du vin.

« Nous ne sommes pas responsables de la mévente »

Anthony Bafoil, président de la cave de Ledignan a commencé par planter le décor : « Dans nos caves, il reste encore des vins de 2015 qui ne sont pas retirés, certains volumes ne sont même pas vendus. Sur la récolte 2016, 20% des volumes sont encore à la vente et les vins vendus ne sont pas retirés. Nous sommes à l’aube d’une crise. Il est encore temps de réagir pour inverser la tendance ». Xavier Fabre, porte-parole du syndicat poursuivait :  « Nous ne sommes pas responsables de cette actuelle mévente. Nous avons fait les efforts nécessaires pour adapter nos produits au marché, pour assurer la traçabilité de nos produits, réduire notre consommation de produits phytos. Nous ne sommes pas en surproduction comme cela a été le cas lors des crises précédentes. Notre récolte 2016 est en adéquation avec le marché. Ce qui nous plombe, ce sont ces importations massives de vins espagnols, qu’on fait passer pour des vins français dans les linéaires de la GD », poursuit Xavier Fabre, le porte-parole du syndicat.

« La base doit reprendre la main »

 « La lenteur de la Répression des fraudes à réagir contre ces enseignes qui trompent le consommateur, est insupportable. Quand nous sommes pris en défaut, la sanction est immédiate. Il y a deux poids, deux mesures. C’est révélateur d’un manque de considération insupportable vis-à-vis de notre profession. Nous, la base, devons reprendre la main. Nos responsables professionnels  ne sont plus en mesure de nous représenter», s’enflamme Christian Vigne, président des Vignerons de la porte des Cévennes (Massillargues-Atuech). Le porte-parole du nouveau syndicat soulève une salve d’applaudissements en annonçant la couleur  « Il faut agir vite, on n’a plus le temps de tergiverser. Pour écouler la récolte 2016 et aborder sereinement 2017, il faut passer à l’action. S’il faut aller au carton et mener des actions dures, avec vous, on ira et on ne tremblera pas ».

Plus de BIB espagnols en GD dès la semaine prochaine

Première cible visée : la GD du département. « Dès la semaine prochaine, il n’y aura plus de BIB de vins espagnols ou étrangers dans les linéaires des hypermarchés gardois. S’il le faut, on ira bloquer les magasins le samedi, jour d’affluence. Il faut agir sur les deux points sensibles pour les enseignes : le portefeuille et l’image », tonne-t-il. Autre cible dans le viseur du nouveau syndicat : les importateurs de vins espagnols. « Nous avons la liste des structures qui ont fait rentrer du vin d’Espagne. Il y a du monde et pas seulement des négociants. On trouve aussi des groupements de producteurs, des caves coopératives et des vignerons indépendants. Alors notre message est clair : soit ils arrêtent, soit ils auront des soucis ».

France Agrimer également dans la ligne de mire

Enfin la colère vigneronne s’adresse également à l’administration et plus précisément à FranceAgrimer. « Ce qui se passe aujourd’hui est intolérable. Nous faisons des plans à trois ans pour nos plantations et l’administration ne parvient pas à payer les aides qui nous sont dues et qui ont pourtant été payées par Bruxelles. Cet argent risque de revenir dans les caisses de l’Europe s’il ne nous est pas versé. Idem pour les aides aux mesures agro-environnementales impayées depuis trois ans. Que FranceAgrimer ait des soucis de gestion, ce n’est pas notre problème. Il faut que ces sous soient sur nos comptes. Tant que l’Etat n’aura pas réglé ce qu’il nous doit, il n’y aura plus de contrôles de viticulteurs ou de caves dans ce département. Il suffit de quatre coups de fils pour que  le contrôleur ait 15 personnes autour de sa voiture » a lancé Xavier Fabre, là encore très applaudi.

Seule condition pour mener toutes ces opérations : la mobilisation. «Nous avons besoin de vous. Pour ces actions, il faut beaucoup de monde. Notre message ne pourra être porté que si vous êtes mobilisés ». L’appel a été entendu. Le syndicat a recueilli hier soir plus d’une centaine d’adhésions et d’autres continuaient à arriver aujourd’hui. 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé