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Protectionnisme

Les vins italiens inquiets de l'avenir du marché américain

Mardi 21 mars 2017 par Alexandre Abellan

« Pour le vignoble européen, le sujet le plus important est celui des accords de libre-échange » estime Herbert Dorfman. « Nous espérons que l’Union Européenne travaille dur pour maintenir nos expéditions » souligne Antonio Rallo.
« Pour le vignoble européen, le sujet le plus important est celui des accords de libre-échange » estime Herbert Dorfman. « Nous espérons que l’Union Européenne travaille dur pour maintenir nos expéditions » souligne Antonio Rallo. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Se félicitant d’une nouvelle année record en valeur, le vignoble italien se fait le chantre du maintien des conditions actuelles d’exportation, malgré le Brexit et la présidence de Donald Trump.

20,6 millions d’hectolitres de vins italiens ont été exportés en 2016, pour un chiffre d’affaires de 5,6 milliards d’euros. Soit des hausses respectives de 3 et 4 % par rapport à 2015. « Comparé à la France et l’Espagne, l’Italie est le seul pays à voir ses volumes et sa valeur augmenter en 2016 » renchérit Antonio Rallo, le président de l’Union Italienne des Vins (UIV), lors d’une conférence sur le salon Prowein ce 20 mars.

Sur la décennie, les vins italiens ont vu leurs exportations bondir de 80 %, et leurs parts de marchés se consolider aux États-Unis (où ils sont fournisseurs leaders en volume et valeur), en Allemagne (idem), en Suisse (idem), au Royaume-Uni (deuxième en volume, premier en valeur) et au Canada (deuxième en volume, troisième en valeur). Ces cinq marchés comptent pour les deux tiers des expéditions italiennes.

Pour les représentants de la filière, ces performances valident l’orientation vers l’export du vignoble transalpin, qui expédie 45 % de sa production (une part qui tombe à 31 % pour la France, mais qui est de 53 % pour l’Espagne).

"Que tout change pour que rien ne change"

Ces performances semblent cependant mises en danger par les revirements géopolitiques de l’année écoulée. À commencer par la prise de fonction de Donald Trump aux États-Unis, qui est le premier marché export des vins italiens (avec 3,3 millions hl pour 1,4 milliard €, +3 et +6 % par rapport à 2015). « Le nouveau président nous amène à nous inquiéter de hausses des taxes, qui pourraient toucher nos exportations » note Antonio Rallo, qui milite pour le maintien de l’accord d’échange sur les vins mis en place en 2006 entre l’Union Européenne et les États-Unis et mis à profit par l’Italie avec les modes du pinot grigio et désormais du prosecco.

Autre sujet de crainte, l’annonce du Brexit, déclenché à partir de ce 29 mars. Mais une hausse unilatérale des droits de douane y semble moins probable. « L’Europe importe beaucoup de spiritueux anglais, il ne devrait pas y avoir de changement » estime Antonio Rallo (qui précise que le marché anglais concentre le tiers des exportations de prosecco). « C’est un sujet sensible, mais si le Royaume-Uni impose des taxes sur les vins européens, nous imposerons des taxes sur leurs spiritueux. Et je ne pense pas qu’ils s’y risquent » confirme le député européen Herbert Dorfman, président du groupe vins et spiritueux au parlement communautaire.

Libre-échange

Pour le parlementaire italien, le risque principal pour les exportations européennes de vins et spiritueux se trouve dans la rupture américaine : « pendant des décennies, Europe et États-Unis ont prôné les principes du libre-échange dans le monde. Nous avons maintenant l’impression que ce n’est plus le cas… Mais nous ne sommes pas prêts à accepter le protectionnisme américain. »

Actuellement l’Union Européenne finalise un projet d’accord de libre-échange avec le Vietnam. Des discussions préliminaires sont évoquées avec le Japon, le Mexique et l’Inde.

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