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Pressions sociétales

Le vignoble de Prosecco bannit trois phytos

Lundi 13 mars 2017 par Alexandre Abellan

Président de la Dénomination d’Origine Contrôlée Prosecco, Stefano Zanette prône une amélioration continue et progressive des pratiques viticoles.
Président de la Dénomination d’Origine Contrôlée Prosecco, Stefano Zanette prône une amélioration continue et progressive des pratiques viticoles. - crédit photo : Rai3
Folpel, glyphosate et mancozèbe sont visés par le syndicat viticole, qui peaufine une démarche de développement durable. Et répond à un reportage TV au vitriol, ayant cristallisé les inquiétudes de ses riverains et consommateurs.

Alors que la réduction des pesticides s’implante progressivement dans les syndicats viticoles d’AOC françaises (de Bordeaux à Saint-Nicolas-de-Bourgueil), la dénomination italienne Prosecco fait dans l’inédit, en annonçant sa volonté de bannir rapidement trois matières actives. Il s’agit de trois molécules particulièrement connues des vignerons : l’herbicide glyphosate et les fongicides folpel et mancozèbe. Pour le président du consortium de tutelle de la DOC Prosecco, Stefano Zanette, le cap est clair : « je m’engage à interdire l'utilisation de ces matières actives pour tous les producteurs de notre dénomination ». Rapportée par l’Union Italienne des Vin (UIV). cette annonce tonitruante coïncide avec la publication du « Vade-mecum viticole » de la DOCG Prosecco. Son édition 2017 doit paver le chemin vers une certification de développement durable de la production de l’effervescent italien. Avec notamment un volet technique préconisant biocontrôle et lutte intégrée, même si le syndicat s’est gardé de fixer la moindre date. Qu'il s'agisse d'un label ou d'une interdiction des phytos.

Vu à la TV

Cette annonce fait à écho celle de l’interprofession des vins de Bordeaux, qui souhaite réduire ses intrants et, à terme, sortir des pesticides. Les démarches italiennes et girondines sont d’autant plus similaires qu’elles font suite à la diffusion de documentaires dénonçant un risque sanitaire pour les populations avoisinantes*. Et notamment les enfants de leurs vignobles. « Le succès du Prosecco pourrait se faire au détriment de la santé des habitants locaux » résume sèchement le journal anglais the Times (sachant que le marché britannique est la première destination du Prosecco).

Face à des cas de cancers d’ovaires et de leucémies infantiles, des pétitions ont été lancées en Vénétie pour demander une limitation des pesticides.
En réponse, la politique du consortium viticole se définit comme étant « claire, réalisable et cohérente ». « Même si ces molécules sont légalement utilisables, elle préoccupant à la fois la communauté locale, à laquelle nous appartenons, et les consommateurs à l’étranger » reconnaît Stefano Zanette, auprès de l’UIV.

"Considéreriez-vous une telle interdiction ?"

Tout juste dévoilée fin février, cette annonce italienne inspire déjà dans le reste de l’Europe. Au Luxembourg, deux parlementaires écologistes ont demandé à leur gouvernement d’appliquer cette interdiction à l’AOC crémant de Luxembourg. « Afin de promouvoir le crémant luxembourgeois en renforçant son image de marque » précise leur question du 3 mars dernier.

 

* : Pour Bordeaux il s’agissait de l’émission Cash Investigations du 26 janvier 2016 sur France 2 (« Produits chimiques, nos enfants en danger »), pour le Prosecco du documentaire Report sur la Rai le 14 novembre 2016 (« la Frazione di Prosecco »).

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