Carbonneau et Escudier

De l'Œnologie à la Viticulture, nouvel ouvrage de référence

Samedi 04 mars 2017 par Alexandre Abellan

Suivant le principe de « reverse engineering », les deux rédacteurs se sont fait un malin plaisir d’intituler leur ouvrage contre le sens communément admis par le continuum allant de la vigne au vin. A les écouter, la viticulture n’a en effet de sens que pour la production de vins de qualité.Suivant le principe de « reverse engineering », les deux rédacteurs se sont fait un malin plaisir d’intituler leur ouvrage contre le sens communément admis par le continuum allant de la vigne au vin. A les écouter, la viticulture n’a en effet de sens que pour la production de vins de qualité. - crédit photo : DR
Suivant le principe de « reverse engineering », les deux rédacteurs se sont fait un malin plaisir d’intituler leur ouvrage contre le sens communément admis par le continuum allant de la vigne au vin. A les écouter, la viticulture n’a en effet de sens que pour la production de vins de qualité.

Somme de 280 pages, l’ouvrage de l'Œnologie à la Viticulture a nécessité deux années de rédaction à Alain Carbonneau et Jean-Louis Escudier. Respectivement professeur émérite de viticulture à l’école Montpellier SupAgro et ingénieur de recherche à l’INRA Pech Rouge. Misant sur la complémentarité de leurs spécialités, les deux experts ont relevé le défi lancé par les éditions Quæ* : proposer au public des consommateurs avertis et des professionnels curieux une synthèse de la production du vin.

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Frôlant avec l’exhaustivité, l’ouvrage propose aussi bien un tour du monde de la diversité des viticultures qu’un précis des maladies de la vigne, tout en passant par les principes de l’ampélographie et les effets de la consommation de vin sur la santé, un focus sur la réduction des produits phytos, une approche de l’irrigation viticole… « On a beaucoup travaillé sur le sommaire, qu’il n’y ait pas d’impasse. Le bouquin a une porte d’entrée scientifique, se plaçant dans l’actualité de la recherche, mais tout en étant dans la réalité du terrain » résume Jean-Louis Escudier.

Recul critique

Loin de se réduire un bel album des pratiques historiques ou un instantanée de celles actuelles, le livre balaie les principaux enjeux de la vitiviniculture de demain. Des sujets qui ne sont pas dénués de dimension polémique, ce que les chercheurs n’ont pas évité. Du débat sur le concept de terroir aux inévitables gènes de résistance aux maladies cryptogamiques, le livre suit la position de ses auteurs.

On retrouve par exemple sur la viticulture bio la vision plus que nuancée d’Alain Carbonneau. Dans le livre, il résume la protection biologique au cuivre, défini comme un « produit naturel autorisé avec limitation, car toxique pour l’environnement et l’homme (notamment en augmentant le risque d’athérosclérose, allant ainsi à l’encontre des effets bénéfiques du vin sur la santé) » et au soufre, un « produit naturel mais souvent extrait d’une source d’énergie fossile comme pétrole ou gaz, et aussi irritant, allergène ou néfaste vis-à-vis de la microfaune utile ». S’il croit dans l’avenir du bio, Alain Carbonneau précise à Vitisphere que cette viticulture « doit progresser, en sachant faire la part des choses ».

"Image de tradition, gourmandise d’innovations"

Moins polémique, l’avenir de la vinification et du suivi des intrants en oenologie est également une source de questionnements pour Jean-Louis Escudier. Qui n’hésite pas à évoquer le possible abandon des pressoirs au profit de décanteurs centrifuges à l’avenir. « Le paradoxe de la viticulture est d’avoir une image de tradition autour d’un produit qui enchante, et en même temps d’être gourmande en innovations pour répondre à ces défis majeurs » résume Philippe Mauguin, le PDG de l’INRA, dans sa préface de l’ouvrage.
Dévoilé lors du Salon International de l’Agriculture, de l'Œnologie à la Viticulture sera commercialisé en librairie ce 9 mars (à 39 euros TTC).

 

* : Il s’agit de l’éditeur de la recherche publique en France. La publication de l’ouvrage de l'Œnologie à la Viticulture a été financièrement soutenue par l’association GiESCO (Groupe d’Experts Internationaux des Système Vitivinicoles pour la coopération).

La vigne en lyre

Quiconque a déjà suivi une présentation d’Alain Carbonneau, que ce soit en classe ou en conférence, connaît son dada : les vignes en forme de lyre. Inspiré d’un espalier double mince sur rangs larges, ce mode de conduite a été théorisé par l’enseignant-chercheur, qui en est le premier promoteur. Sujet incontournable pour le professeur Carbonneau, la lyre apparaît une dizaine de fois dans le livre. Son architecture « assurant une production élevée, comme en pergola, avec un maintien de la qualité, une facilité de cueillette et du tri sur souche, un bon état sanitaire ».

Tags : Livres

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