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Subventions environnementales

Les Vignerons de Tutiac mènent 200 ha sous confusion sexuelle

Jeudi 23 février 2017 par Alexandre Abellan

En 2016, des adhérents de la coopérative avaient déjà déployé des ISONET de CBC sur 50 hectares.
En 2016, des adhérents de la coopérative avaient déjà déployé des ISONET de CBC sur 50 hectares. - crédit photo : Vignerons de Tutiac
La cave coopérative girondine a mis le coup d’accélérateur sur le biocontrôle des vers de la grappe. Avec une surface multipliée par quatre en un an.

Premiers producteurs de l’AOC Bordeaux, les vignerons de Tutiac ne sont pas peu fiers d’entraîner en confusion sexuelle 200 hectares de leurs adhérents. Alors qu’il n’y avait que 50 de ses hectares sous biocontrôle en 2016, cette expansion éclair est soutenue par une incitation sonnante et trébuchante. La cave coopérative verse à ses adhérents le surcoût entraîné par le recours à la confusion sexuelle par rapport aux traitements conventionnels.

Volontaire, la démarche de la confusion sexuelle a su séduire et devenir une évidence. « Quand on dit au vigneron que la solution de biocontrôle est aussi efficace que celle conventionnelle, mais qu’elle est moins dangereuse pour la santé et qu’elle ne coûte pas plus cher, c’est un choix vite vu » glisse, dans un sourire, Éric Hénaux, le directeur général des Vignerons de Tutiac.

Amélioration des pratiques

Réunissant actuellement 4 000 hectares de vigne, la cave coopérative estime que 250 ha présentent un risque élevé aux vers de la grappe (essentiellement en appellation Côte-de-Bourg). Cinquante hectares étant jugés non adaptées à la stratégie de confusion par îlots, les 200 ha restants sont désormais dans la démarche de biocontrôle. Pour assurer la réussite de l’opération, des échanges avec d’autres vignerons ont été mis en place (avec l’aide du syndicat viticole de Bourg), afin de concerter les plans de lutte et créer des îlots suffisamment étendus.

« Il faut une transition forte des pratiques viticoles, pour passer de la tradition à l’agroécologie. Mais sans accompagnement des vignerons, ça ne marchera pas… » ajoute Jérôme Ossard, le responsable technique des Vignerons de Tutiac. Cette démarche s’intègre a ainsi été étudiée dans le cadre du projet Vinovert, et notamment son volet sur l’amélioration des pratiques viticoles par la suggestion comportementale (cliquer ici pour en savoir plus).

« On n’imposera pas de tels changements par la contrainte. Il faut apprendre à mieux faire avant que cela ne devienne obligatoire » conclut Stéphane Héraud, le président des Vignerons de Tutiac.
 

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