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L’homme sincère

Jean-Louis Piton nommé président de l’INAO

Mercredi 01 février 2017 par Marion Sepeau Ivaldi

« Cela fait vingt ans que je travaille dans la maison » explique Jean-Louis Piton.
« Cela fait vingt ans que je travaille dans la maison » explique Jean-Louis Piton. - crédit photo : Inao
Le coopérateur du Lubéron investit le siège prestigieux de président de l’INAO, ce 1er février. Avec lui, la viticulture reprend la main sur la politique de la qualité et de l’origine.

« Je découvre la fonction » lance Jean-Louis Piton, avec toute la sincérité qui le caractérise. Pourtant, le nouveau président de l’INAO n’en est pas à ses premiers pas à l'INAO. Loin de là. « Cela fait vingt ans que je travaille dans la maison » explique celui qui a été tour à tour membre du Comité vin AOC de l’INAO, puis plus récemment du Comité Permanent (où il s’est notamment intéressé aux aspects économiques des indications géographiques, labels rouges et de l’agriculture biologique).

Avec le président de Marrenon (coopérative dans le Lubéron), la viticulture reprend la main sur la politique de la qualité et de l’origine. Cette nomination suit en effet le jeu de l’alternance entre les filières. Mais, Jean-Louis Piton pose d’emblée son ouverture. « Depuis que je travaille au Comité permanent, j’ai découvert d’autres filières. Et c’est passionnant ! » déclare-t-il. D’emblée, il désamorce un débat qui pourrait troubler le monde laitier. « C’est le Comité national lait qui traitera de la question du camembert et de la législation sur l’origine Normandie » indique-t-il, tout en réaffirmant que le Conseil permanent n’a pas vocation à traiter des problématiques des filières.

Transition agro-environnementale

Durant son mandat, les indications géographiques vont entamer leur mutation environnementale. Pour Jean-Louis Piton, c’est la concrétisation d’un long travail mené auprès de l’État. « Je me souviens du moment où l’idée d’introduire des mesures environnementales dans les cahiers des charges des IG a germé. C’était sous la présidence de René Renou » se rappelle-t-il. Quinze ans plus tard, donc, les ODG vont devoir se poser la question d’intégrer ou non des mesures agro-environnementales. Et ne comptez pas sur Jean-Louis Piton pour prendre des positions radicales sur le sujet, même s’il défend âprement cette évolution. « On fait avancer les hommes en fédérant, pas en imposant » souligne-t-il, témoignant une fois de plus de son sens de l’humain.

Jean-Louis Piton se montre également attaché au rayonnement international de l’INAO. « L’institut a un rôle offensif pour défendre les IG attaquées ou usurpées mais également un rôle défensif pour convaincre nos partenaires de l’intérêt du système de protection des IG » souligne-t-il. Ce rôle devra peut-être être défendu avec une ardeur jamais atteinte si la politique américaine venait à remettre en question les accords bilatéraux signés entre l’Europe et les États-Unis. En attendant que la situation s’éclaircisse, Jean-Louis Piton a une idée en tête : construire une meilleure articulation entre l’INAO et le Ministère de l’Agriculture sur les sujets européens. Si la France intervenait plus en amont des dossiers, l’action serait moins défensive et plus efficace, considère-t-il. Il n’a pas été président du Copa/Cogeca vin pour rien.

Tags : Gens du vin INAO

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