Rendez-vous

La viticulture et la grande distribution cherchent à se rencontrer

Lundi 23 janvier 2017 par Marion Sepeau Ivaldi
Article mis à jour le 24/01/2017 16:14:16

Jérôme Despey, président du Conseil spécialisé vin de FranceAgriMer cherche à rencontrer la grande distribution.
Jérôme Despey, président du Conseil spécialisé vin de FranceAgriMer cherche à rencontrer la grande distribution. - crédit photo : Bertrand Collard
Alors que, la semaine dernière, la colère a maculé de vin le bitume, les organisations syndicales cherchent des solutions. Jérôme Despey et la Fédération du Commerce et de la Distribution ont prévu de se rencontrer. Du moins essaient.

Aura-t-elle lieu ? Annoncée à l’automne, une réunion entre Jérôme Despey et la Fédération du Commerce et de la Distribution pour étudier l’organisation du linéaire vin, et tout particulièrement celui des vins en boîte, doit avoir lieu. Le représentant de la production tout comme le syndicat des distributeurs confirment qu’elle va se tenir. Reste à trouver une date. « À l’automne, elle a été reportée parce que les distributeurs avaient besoin de définir une position collective sur le sujet » affirme Jérôme Despey, président du Conseil spécialisé vin de FranceAgriMer. De son côté, la FCD explique, le 19 janvier, attendre un retour de Jérôme Despey pour caler la date du rendez-vous.

Du retard sur les transactions

En patientant donc que les agendas trouvent une conciliation avant que vienne celle du merchandising, la colère est palpable en Languedoc, attisée par un marché morose. « Il y a une baisse des cours de 5 euros/hl par rapport à l’année dernière. C’est un ajustement. Mais les baisses au-delà de 10 euros ne sont pas normales » constate Jérôme Despey, tout en relevant que l’offre européenne et mondiale s’est contractée cette année. De son côté, Boris Calmette, président des Vignerons Coopérateurs, nuance une image du marché qui pourrait être dépeinte trop négativement. « Les transactions ont pris du retard. Il y a une explication objective et rassurante à cela : les vendanges et les malos sont intervenues plus tardivement ». D’autre part, il affirme que des transactions ont bien lieu. « Des contrats en Pays d’Oc, passés en fin d’années, vont rattraper le retard. Grand Chai est passé aux achats, cela permet de donner un signal qui cale les prix ». Enfin, il relève des stocks chez les intermédiaires qui expliqueraient l’attentisme de certains.

Des vins qui affichent leurs origines castillanes

Reste que les vins espagnols traversent la frontière. Et pour répondre à cette concurrence, le président des Vignerons coopérateurs a une réponse : créer des volumes dédiés de vins sans indication géographique. La proposition fait réfléchir. Pays d’Oc a ainsi souligné qu’il faudrait mener une réflexion sur les vins sans indication géographique, lors de son assemblée générale en décembre. Mais l’idée de créer des volumes dédiés pour cette catégorie de vin ne semble pas séduire les Vignerons indépendants. « Qui dit volumes dédiés, dit contractualisation. Et je ne suis pas convaincu que le négoce y soit prêt » affirme Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants d'Occitanie, tout en analysant : « aujourd’hui, nous sommes face à des opérateurs qui profitent de la faiblesse des cours espagnols et les commercialisent avec leur MDD qui, il y a peu, utilisait nos indications géographiques. Cela crée de la confustion pour le consommateur ». Et de s’interroger : « Pourquoi ne pas identifier clairement l’origine castillane d’un vin sur une MDD ? ».

La solution se trouverait donc entre les mains de la distribution. D’où l’importance de ce rendez-vous qui tarde à venir. Rendez-vous qui pourrait se nourrir des résultats de l’enquête des fraudes dans le linéaire vin. Une enquête qui peine aussi à être publiée. Prévue pour être présentée au Conseil spécialisé vin de FranceAgriMer cette semaine, le sera-t-elle ? Une chose est sûre : la production languedocienne doit de rencontrer le négoce début février pour mettre les choses à plat. C’est un premier pas.

Les propositions du CIVL

L’interprofession languedocienne a communiqué le 20 janvier ses propositions :

-          organiser rapidement l’offre régionale des vins IGP du Languedoc-Roussillon en hiérarchisant cette offre pour l’ensemble des segments de compétitivité.

-          afficher, dès la déclaration de récolte, les volumes disponibles par segment de marché (Vins sans indication géographique, IGP de département, IGP Pays d’Oc) pour permettre au négoce une bonne visibilité des disponibilités pour chaque catégorie. Cette répartition doit se faire en fonction du rendement des parcelles de vigne.

-          mettre en place un plan de reconquête des parts de marché auprès des enseignes de grande distribution françaises et européennes en mettant en avant les atouts de notre vignoble : une origine « Midi de la France », la garantie d’origine et la traçabilité du système IGP.

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Philippe Denis Guillon Le 25 janvier 2017 à 01:35:57
Bonjour A tous je decide de prendre la plume parce que le probleme de la consommation existe et a toujours existe. Nous sommes en Europe et nous ne pouvons pas perpetuellement nous battre avec nos voisins . Aussi je peux comprendre que la grande distribution veuille faire du chiffre d'affaire a tout prix mais elle doit informer le consommateur que nous sommes tous de l'origine des produits. Vin sans origine geographique ou vsig est une ineptie. Il y a bien une origine , le producteur et le pays . Aussi afin d'informer je propose que les produits vins soient classés obligatoirement par pays Exemple Vins Espagnols classes avec panneau indicateur Espagne Vins Autrichiens classes avec panneau indicateur Autriche et ainsi de suite. Également il est difficilement acceptable d'avoir une marque d'origine Francaise du style le Cabanon qui sous entend la provence avec un vin d'origine espagnole ou italienne ou autre . Je prends l'exemple d'un consommateur a qui j'ai pose la question a propos d'une marque francaise connue comme X ce vin français vous plait -il ? la reponse fut positive . Lorsque je lui ai dit que ce vin etait d'origine espagnole cette personne fut surprise et s'est sentie un peu trompée d'autant plus que l'origine etait presente mais en petites lettres. Ensuite ce point etabli ,l'europe survivra si les regles sont les memes pour tous . salaires en europe Les vins provenant de la mancha proviennent de proprietes produisant en moyenne 57hls par hectare . ( souce reunion Dyonisud 2016) Comment pouvons nous survivre en france avec 57hls a 32 euros l 'hl soit 1824 euros/ hectare. Si l'europe c'est la culture de la misere on peut comprendre le brexit. Donc en attendant travaillons l'information afin que chaque consommateur français puisse acheter en connaissance de cause et ainsi nous donner la capacite de garder nos employés.
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