Cépages résistants

60 vignerons languedociens prêts à planter 80 hectares de variétés Bouquet

Vendredi 13 janvier 2017 par Alexandre Abellan

 Actuellement, l’INRA de Pech Rouge dispose d’une dizaine de parcelles de cépages obtenus par Alain Bouquet (d’une cinquantaine d’ares chacune).
Actuellement, l’INRA de Pech Rouge dispose d’une dizaine de parcelles de cépages obtenus par Alain Bouquet (d’une cinquantaine d’ares chacune). - crédit photo : INRA
Sur les rangs pour s’essayer aux variétés résistantes au mildiou et à l’oïdium obtenues par le défunt chercheur Alain Bouquet, les professionnels attendent une validation de l’INRA en février prochain pour démarrer les plantations en 2017-2018.

« Nous avons retenu 60 vignerons candidats pour la plantation des variétés [résistantes obtenues par Alain] Bouquet. En tout, ils demandent 80 hectares sur les trois départements en caves particulières et coopératives » se félicite Bernard Augé, le directeur adjoint du Conseil Interprofessionnel du Vin du Languedoc (CIVL), également secrétaire de la commission technique du CIVL*. Faisant office de déclaration d’intention, ce recensement conclut le recrutement lancé cet été par l’interprofession languedocienne. Son objectif étant de planter des parcelles de cépages résistants à l’échelle moins expérimentale qu’industrielle (avec une surface minimale de 50 ares).

Reste à faire valider ces surfaces par l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA), pour lancer la multiplication du matériel végétal par l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV). À cet effet, une réunion est prévue ce 21 février avec Christian Huyghe, le directeur scientifique adjoint à l’Agriculture de l’INRA (très impliqué sur le sujet des cépages résistants). S’il n’est pas assuré que les 80 ha de cépages résistants seront bien plantés en 2018-2019, Bernard Augé se montre confiant dans l’issue des discussions, soulignant l’inflexion des institutions de recherche viticole quant à leur stratégie de déploiement des nouveaux cépages.

L’opiniâtreté récompensée

Il faut dire que le CIVL vient d’intégrer le nouvellement créé Observatoire National du Déploiement des Cépages Résistants (OsCaR), lancé par l’INRA et l’IFV. L’interprofession languedocienne va même participer au pilotage de l’antenne méditerranéenne de ce réseau, opportunément baptisée OsCaR Oc. Un outil que devrait logiquement intégrer l’Interprofession des Vins Pays d'Oc IGP (InterOc).

Sur le point de s’emballer ce début 2017, la diffusion des variétés résistantes en Languedoc consacre une démarche lancée il y a cinq ans. « Depuis 2012, la Commission technique du CIVL soutient la démarche de l’INRA de Pech Rouge pour planter en grandeur nature les variétés de Bouquet. En association avec l’IFV de Rodilhan et les Chambres d’Agriculture de l’Aude et de l’Hérault, nous avons continué à mettre en place des parcelles. Alors que l’INRA estimait nationalement que ces résistances n'étaient pas assez protégées » se rappelle Bernard Augé.

Ce dernier souligne d’ailleurs les bons résultats en termes de résistance des cépages Bouquet sur le banc d'essai, ainsi que les profils organoleptiques de leurs vins, y compris avec des degrés d’alcool moindre à maturité. Reste à voir si ces vins expérimentaux pourront être à l’avenir intégrés à des assemblages d’IGP, comme le demandent les représentants du vignoble méditerranéen.

 

* : Ce groupe de travail R & D se réunit d’ailleurs ce 27 janvier, pour déguster les vins issus de cépages résistants du millésime 2016.

 

 

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