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2016 dans le rétroviseur

Première rentrée pour les formations de tractoriste et tailleur de la vigne

Jeudi 22 décembre 2016 par Alexandre Abellan

Du tractoriste au tailleur, la spécialisation impose moins des cours théoriques que des mises en pratique.
Du tractoriste au tailleur, la spécialisation impose moins des cours théoriques que des mises en pratique. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Pas moins de deux nouveaux diplômes répondant aux problématiques viticoles ont été lancées en Nouvelle-Aquitaine cette année. En attendant une formation dédiée à la pépinière l’an prochain.

Clé de voûte de la production viticole, la transmission des savoir-faire nécessite un enseignement aussi dédié que spécialisé. Pour répondre aux besoins en main-d’oeuvre polyvalente, deux formations ont été lancées en 2016 dans la région Nouvelle-Aquitaine

Agri Cap Conduite

En janvier 2016, la plate-forme Agri Cap Conduite a accueilli ses trente premiers étudiants pour l’enseignement pratique du métier de tractoriste au lycée viticole de Montagne (pour en savoir plus, lire le dossier dans le n°292 de la Vigne, tout juste paru). Né d’un partenariat entre enseignement public (l’EPLEFPA de Bordeaux-Gironde) et réseau privé (les Maisons Familiales et Rurales), le dispositif est la première piste de conduite de tracteur viticole en France. Constituant un terrain d’exercice permanent, qu’il pleuve ou qu’il vente, avec 1,2 hectare de rangs de vignes artificialisées. « La piste dispose d’une partie de calcaire peu impactée par l’eau. Et on a ramené une veine de graves pour drainer les zones utilisées pour le travail du sol » explique Thierry Meyre, le responsable logistique d’Agri Cap Conduite. Si la piste propose une aire pour les manœuvres, il dispose également d’un « skate-park » permettant de se frotter à divers devers (avec des pentes de 10, 15 et 30 %).

Après trois stages, six mois de formation, 90 heures de conduite et 710 heures de cours, la première promotion de la formation a été diplômée en août par un Brevet de Professionnel Agricole. Avec une formation courte en supplément, Agri Cap Conduite doit former une soixantaine d’élèves par an. Sachant que la moitié des stages débouche sur une embauche, la formation est d’emblée sous-dimensionnée par rapport à la demande. « Nous, agriculteurs, avons de plus en plus besoin de personnes capables de conduire les engins » témoigne Bernard Artigue, le président de la Chambre d’Agriculture de Gironde.

Diplôme Universitaire à la Taille et à l’Épamprage

Ce 24 octobre les dix premiers élèves de la première promotion du Diplôme Universitaire à la Taille et à l’Épamprage (DUTE) sont rentrés à l’Institut de la Science de la Vigne et du Vin de Bordeaux (ISVV). Lancée par l’université girondine, ce premier diplôme français dédié à la taille se veut à la pointe de la lutte contre les dépérissements viticoles. Et ce sont les maîtres tailleurs italiens de Simonit & Sirch qui en assurent le volet pratique (représentant 70 % du temps de formation).

« Il faut seulement respecter quatre règles lorsque l’on taille : la ramification en créant des bras, les flux de sève, les bourgeons de la couronne et faire des chicots pour maîtriser les cônes de dessiccation » explique Massimo Giudici, du pôle français de Simonit & Sirch. Résumant ainsi le message au coeur du Guide pratique de la taille guyot – Prévenir les maladies du bois et de démonstrations publiques (notamment lors du dernier salon Dionysud ou de Vinitech).

Si la formation est ancrée en Gironde, avec l’étude de quatre modalités bordelaise, elle doit donner des bases solides dans la réflexion de la taille viticole. Pour que ses élèves soient capables de transposer la logique des flux de sève n’importe où. « En viticulture, il n'y a pas de recette, il s'agit de choix et de compromis. Il faut être conscient des effets secondaires et adapter les gestes qui suivent à ceux réalisés » précise le docteur Laurence Geny, responsable du DUTE.

Le long de 140 heures de formation, trois semaines de taille sont réparties en octobre/décembre sur les vignes de l’INRA et en janvier dans des propriétés. Avant une semaine en avril pour les ateliers d’épamprage.

Responsable de la pépinière viticole

A noter dès l’an prochain, la création du premier diplôme français de responsable de la pépinière viticole. A l’état de projet finalisé, cette initiative charentaise doit être validée sous peu par la Commission Nationale de la Certification Professionnelle. Prévue pour la rentrée 2017, cette formation est portée par l’Institut de Formation de Richemont, le Conservatoire du Vignoble Charentais et le Syndicat des Pépiniéristes Viticoles de la Région du Cognac. Les organismes souhaitant remplir un vide d’encadrement. « Depuis maintenant 40 ans, il n’existe plus de formation diplômante spécifique à la pépinière » regrette Sébastien Julliard, enseignant à l'Institut de Formation de Richemont (MFR).

L'objectif est de former une quinzaine de candidats par an, en poursuite d’études (pour les titulaires d’un bac pro ou BTS) ou en formation continue (reconversion professionnelle, etc.). En complément de la formation à la pépinière, qui a été lancée en 2013 à Richemont.

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