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Micmac mécanique

Le travail du sol viticole, une jungle de matériels à débroussailler

Vendredi 25 novembre 2016 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 28/11/2016 11:56:03

Pluies obligent, la matinée de démonstration s’est transformée en présentations plus théoriques des matériels.Pluies obligent, la matinée de démonstration s’est transformée en présentations plus théoriques des matériels. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Si la gestion mécanique de l’enherbement connaît un regain d'intérêt dans le vignoble, le simple choix du matériel laisse toujours plus de questions en suspens.

C’est un paradoxe qui ne manque pas de piquant : en matière de désherbement mécanique, le matériel viticole ressemble à une friche impénétrable. Que ce soit pour un novice du désherbage mécanique, perdu dans une offre touffue, ou le praticien expérimenté, qui n’arrive pas à un se tailler un compromis satisfaisant. « Il y a plein de marques et de modèles qui se développent. Pour répondre aux demandes croissantes, notamment de conversion à la bio, et aux spécificités de chaque vignoble, chacun ayant sa propre structure et sa propre gestion des sols » explique Marc-Antoine Beauvineau, ce 24 novembre, lors d’une matinée sur les travaux du sol de la CUMA 33, dont il est l’animateur viticole.

Face à une trentaine de participants réunis au château de l’Escaderie (AOC Fronsac), le technicien a tenté de rassurer en présentant la grande famille composée de ces outils viticoles. Ce qui fait passer en revue les pulvériseurs à disque (ou cover-crop), les outils à dents (décompacteur/fissurateur, cultivateur…), les outils animés (comme une herse rotative), les outils inter-rangs (comme l’emblématique décavaillonneuse, mais aussi les lames et rotavator), les outils de tonte (type rotofil), les outils de brossage et même les peu répandus outils thermiques.

Pas de solution unique

Venus chercher des réponses pratiques auprès de la CUMA, les vignerons de la rive droite sont souvent repartis avec d’avantage de questionnements, trouvant la confirmation que toutes les parcelles sont des cas particuliers. Pour chaque outil, les différences se font au niveau des coûts (de l’investissement de matériel à celui de recrutement d’un personnel qualifié/spécialisé), des débits de chantier (et de consommation de fuel), des gammes d’efficacité selon les conditions pédo-climatiques (à relier au nombre de passages nécessaires)… Sans oublier la tolérance à l’herbe du propriétaire.

Si la solution unique, pour ne pas dire magique, n’existe pas, cela représente aussi une grande flexibilité professent les concessionnaires et constructeurs. Il faut dire qu’avant tout achat, les essais sont inévitables pour les travaux du sol. Ne serait-ce que pour s’y retrouver dans la pertinence des options qui se bousculent afin de compléter l’équipement de série.

"Forcément deux outils"

Pour s’approprier le matériel, et peaufiner ses réglages, Marc-Antoine Beauvineau conseille aux techniciens de prendre temps de l’observation. Sur leurs premières parcelles d’utilisation de nouveaux outils, il préconise de mobiliser deux techniciens, l’un conduisant et l’autre observant la qualité du travail pour l’optimiser. « Tout temps perdu sur les réglages au départ est gagné sur la journée » estime Marc-Antoine Beauvineau, notamment pour les palpeurs de décavaillonneuse (par exemple pour s’adapter à des ceps tordus, etc.). Dernier conseil, il préconise également d’investir dans deux matériels distincts de travaux des cols. Pour s’adapter aux conditions sèches/humides et à plusieurs types de sols. «Il faut forcément envisager deux outils. Quoiqu’il advienne, c’est un minimum » souligne-t-il, prêchant inévitablement pour sa chapelle, celle du matériel en CUMA.
 

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