Campagne 2016

L'année du timing très serré pour les beaujolais nouveaux

Mercredi 16 novembre 2016 par Juliette Cassagnes

Les vignerons n'ont eu cette année que quelques jours pour assurer les vinifications et préparer les vins primeurs pour leurs mises en bouteilles
Les vignerons n'ont eu cette année que quelques jours pour assurer les vinifications et préparer les vins primeurs pour leurs mises en bouteilles - crédit photo : site handicap-timidite.fr
L'Union de caves Agamy, en Beaujolais, organisait ce lundi 14 novembre sa traditionnelle dégustation de Beaujolais nouveaux 2016, à Lyon. L'occasion de revenir sur le déroulement de la campagne de commercialisation des primeurs de cette année.

Pour l'Union de caves Agamy, comme pour de nombreux opérateurs du Beaujolais, l'année des primeurs 2016 restera surtout marquée par des soucis d'ordres technique et organisationnel. La maturité des raisins ayant été atteinte tardivement, les vignerons n'ont pu démarrer leurs vendanges qu'à partir de la fin septembre, soit avec trois semaines de décalage par rapport à l'an dernier… Trois semaines de moins et surtout quelques jours seulement pour élaborer et préparer les vins primeurs avant leur mise en bouteilles. Les premiers vins qui doivent être expédiés, pour le « grand » export, devant être prêts dès la première quinzaine d'octobre.

« Ce n'était pas gagné d'avance, témoigne Bernard Couzon, président de l'Union de caves Agamy. Notre acheteur nous a mis la pression mais on a tenu bon ». « Il fallait embouteiller alors que les vinifications n'étaient même pas terminées ! confirme Pascal Dubost, directeur commercial. Cela a été un vrai marathon pour être prêts le jour « J », mais on y est arrivé ». Chez Agamy, les premiers vins prêts et expédiés par bateau sont partis le 11 octobre.

Un avantage aux caves les mieux équipées

Les caves les mieux pourvues en équipements du type systèmes de thermorégulation, de chauffage de la vendange ou encore de cuves horizontales, s'en sont donc mieux sorties que les autres. « Certains vignerons sont passés à côté de marchés car ils n'étaient pas équipés », confirme Bernard Couzon. Or pour ces derniers, l'enjeu de ces ventes est fort : la valorisation des primeurs - cette année légèrement supérieure à 200 €/hl - reste nettement au-dessus de celle des Beaujolais « de garde » vendus quelques mois plus tard. À titre d'exemple, les Beaujolais étaient échangés l'an dernier sur le marché vrac à un prix moyen de 160 €/hl et les Beaujolais-Villages à 180 €/hl. En 2014, les prix étaient encore plus bas, respectivement de 110 €/hl et 130 €/hl… Pour la cave Agamy elle-même, les primeurs représentent 50 % du volume total des Beaujolais et Beaujolais-villages mais 70 % du chiffre d'affaires de ces vins. Ils génèrent par ailleurs près de la moitié du chiffre d'affaires total du groupement.

Un maintien des volumes commercialisés en primeurs chez Agamy

Au sein de l'Union de caves Agamy, les caves de Bully (Rhône) et de Quincié (Rhône) produisent environ 27000 hectolitres de Beaujolais et Beaujolais-villages nouveaux. Les deux-tiers du volume sont écoulés en vrac, en grande partie auprès d'un négociant « vraqueur ». Le reste est vendu en bouteilles, au Japon, en GD et sur le secteur « traditionnel ».

Ces dernières années, le volume global commercialisé par l'entreprise est stable malgré la baisse du marché. « Nous parvenons à le maintenir grâce à la multiplication du nombre d'enseignes et de références », témoigne Bernard Couzon, président d'Agamy.

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